SCÈNE SIXIÈME
une heure dans le cabinet de mon cousin... Il reste au tribunal jusqu’à trois heures »... Çac’est vraique monsieur ne rentre jamais avant.
DU TILLEUL, reprenant la lettre.
Et le reste?... et la fin?
Ab! il y a le mot de la fin?
DU TILLEUL
« Je t’aime?... Ernest Pitel. »
Aïe!... ah ! par exemple, du coup... ça y est. Du courage! monsieur, du courage!...
Il tend la main & monsieur.
DU TILLEUL
Est-ce assez clair? •
Oui, monsieur, c’est assez clair comme ça! il faudrait y mettre de la mauvaise volonté pour trouver que ce n’est pas assez clair... Et qu’est ce que monsieur compte faire?
DU TILLEUL
Les surprendre d’abord, les confondre tous les deux. BAPTISTE.
Bien !
DU TILLEUL
Ensuite...
Dans vos deux grosses mains comme une mouche...
DU TILLEUL
Ensuite une séparation complète, irrévocable.
Très-bien !
DU TILLEUL
Quant à monsieur Pitel, je le tuerai ou bien...
Ou bien il tuera monsieur; c’est parfait !
* Du Tilleul, Baptiste.
DU TILLEUL
Baptiste, j’ai compté sur toi, sur ton dévouement.
Monsieur a bien fait.
du tilleul.
Je suis obligé de me rendre au tribunal. Je plaide aujourd'hui une demande en séparation.
Déjà, monsieur, votre séparation?
DU TILLEUL
Non, pas la mienne. Hélas! je pourrai parler d’abondance !
C’est peut-être pour la petite dame qui vient si souvent voir monsieur depuis quelque temps?
DU TILLEUL
Précisément...
Alors, elle ne viendra pas aujourd’hui?...
DU TILLEUL
Non, je dois la voir au tribunal quelques instants avant l’audience. Monsieur Pitel donne rendez- vous.à ma femme à une heure dans ce cabinet. Tu l'y cacheras.
Où cela, monsieur?
DU TILLEUL
Dans une de ces deux armures.
Ah! oui... comme il y a trois ans... parfaitement, monsieur, parfaitement.
DU TILLEUL
Tu les surveilleras... tu les écouteras... et tu auras bien soin de te montrer...
Monsieur peut être tranquille...
DU TILLEUL, regardant A s« montre.
Midi et demi ! il va être tempsde me rendre au tribunal. Tu as bien compris?