‹ Le chevalier Beau-TempsChapitre 18 sur 18 · I.l-: Clli:\AlJKIl IJKAl -THMl^S · texte numérisé non relu

I.l-: Clli:\AlJKIl IJKAl -THMl^S

Depuis ce moment, mui , je souffre mort et passion, sans t'en vouloir pourtant. Ce n'est pas ta faute, après tout ; tu aurais bien voulu retrouver les heures passées,... tu es venue à moi... Alil misérable que je suis!

Pourquoi es-tu revenue ?

Tu m'as mis dans un bel état, va ! et comment faire pour cesser de t'aimer, puisque je no puis t'en vouloir de rien ? Appelle-moi, veux-tu? je saurai bien deviner ce que je puis dire ou penser. L'été passe, tu vas encore répéter... que sais-je? Peut-on gaspiller l'amour comme cela!

Olivier.

Après que tu auras fait ton choix, renvoie-moi les échantillons qu'on m'a prêtés h grand'peine.

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XXYI

2 juin.

Je suis allé chez le vétérinaire, comme tu me Tas fait demander. J'ai vu notre pauvre ami. Qu'il avait l'air triste, attaché court dans un chenil, sur une planche couverte de paille! A sa droite, bêlait une chèvre infirme; à sa gauche, aboyait un chien en convalescence.

Quand je suis entré, il s'est levé lentement. Je me suis approché , et il a jeté ses bonnes grosses pattes autour de mon cou. Puis il a posé sa tête sur mon épaule, et ses yeux exprimèrent mille choses qui me navraient, c Qu'ai -je fait?

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semblait-il me dire. Ai-je moins aimé qui m'aimait? » Aimer ! la belle affaire !

Je l'ai couvert de caresses, cherchant le reste de tes baisers dans sa toison.

Nous sommes restés un instant enlacés, si bien que le vétérinaire n'y comprenait rien. On lui avait déjà coupé les dents. Je l'ai vu tout de suite, parce qu'il se léchait les gencives en me regardant de côté, comme pour me montrer ce qu'on lui avait fait. Il a mangé, et, près de lui, un autre chien, qui venait de subir la même opération, rongeait une croûte do pain. Toujours il cherchait à m'embrasser; les larmes me venaient aux yeux. Si je n'avais pas eu pitié de lui, je l'aurais emporté; mais il eût été trop malheureux dans ma chambre de garçon.

Pauvre camarade! Son règne a duié un an, comme le mien. Nous avons tous deux pâti l'hiver, tous deux nous attendions l'été, tous deux nous avons eu quelques heures d'espoir, et le même jour on nous a coupé les dents. On nous a trouvés dan-

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gereux l'un et l'autre. J'irai le voir avant lundi, car on le conduira après à Évreux. Je ne le verrai l)lus. Cependant, comme je suis un peu souffrant depuis quelques jours, et que cela va de mal en pis, à cause des chaleurs sans doute, si je n'écrivais pas, n'en sois pas étonnée.

Adieu, ma chère veuve; pense à tes deux pauvres chiens.

Ol.lVIKll.

i.i: ciiKVAi.ii-ii i;i:m -TKMPS ioi

Celle dernière lellre uéltiil pfs décachelée. Comme elle ne jfortait aurinic adresse, je ne me suis pas [ail scrupule de la lire. Il esl probable qu'on l'aura rcncot/ée, sans rmivrir, au pauvre garçon qui l'a écrile, en y joiqnanl la correspondance d'aulrefois.

Le paquet esl arrivé Irop lard... heureusement.

LE (;iiEVAi.ii:i; nKAU-TEMi's m

i8 juin.

Si tu n'as rien à faire mardi prochain , va donc à Sainle-Geneviôvc. Si je calcule bien, c'est ce jourlà qu'on m'enterrera. J'ai recommandé au concierge de faire la déclaration un peu tard pour que le service n'ait pas lieu de trop bonne heure, et que cela ne te fasse pas lever plus tôt. J'en ai encore pour deux jours. On ne se fait pas idée, aux heures où l'on est heureux , combien c'est- long et difficile de mourir.

Je ne vois plus personne du tout; si tu viens, tu seras toute seule. Ne t'avise pas, par exemple, d'al-

1er au rimetière sous le soleil qu'il fait. Si tu ne peux pas venir, ça ne fait rien , mais dis une

prière pour moi qui vais... Je n'en puis plus, .ïe t'ai bien

Imiirimerie de A. POUGIN, n, i|iiai Voltaire.

La Bibliothèque

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Échéance

The Library

University of Ottawa

Date due

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