SCENE V
NANGIS, puis MAGLOIRE, puis GILLETTE.
nantis, à un petit paysan qui l'accompagne*.
C’est bien, mon garçon... Holà !... maître hôtelier, il y a terriblement de poussière sur votre route... Faites-moi servir une bouteille. Avez-vous du vin du midi ?...
MAGLOIRE
Comment donc... {A part.) Je vais lui donnet un petit vin de Joigny.,. Donnez-vous la peine d’entrer, mon gentilhomme.
NANGIS
Non, je serai fort bien ici. {fl se place à une table.) magloire, appelant.
Gillette !.. Gillette !.. une bouteille de vin du midi... non, elle n’aurait qu’à se tromper, j’y vais moi-môme... Tenez compagnie au voyageur. {Il rentre dans la maison.)
NANGIS
Ce château est bien celui de M mc la baronne d’Herbelay ?
* Magloire, Nangis.
LE CHEVALIER D’ESSONNE
Gillette, mettant son couvert.
Oui, mon gentilhomme.
M. d’Essonne son frère, n’esl-il pas chez elle?
GILLETTE
Depuis hier?
NANGIS
Les renseignements que j’ai pris sont exacts. J’arrive à temps Ah ! il est chez elle ?
GILLETTE
11 s’est même promené une heure sur le cours, et il y avait foule pour le regarder 1 foule de dames surtout.
NANGIS *
* Vraiment.
GILLETTE
Figurez-vous, mon gentilhomme, un amour de cavalier, un vrai chérubin.
magloire, montant avec le vin.
Voila le midi demandé.
nangis, prenant la taille et le menton de Gillette. Regarde-moi donc un peu, petite ; je ne sais si le vin est bon, mais, vrai Dieu ! le sang est superbe dans ce t ys. Tiens, mon enfant, voilà une pistole pour tes beaux yeux.
Gillette, faisant la révérence.
Et pour la bouteille, monseigneur.
nangis, riant.
C’est juste 1 {Il lui donne encore de l’argent.)
magloire, à part.
Excellente pratique ! ( Pendant ce qui précède, M me d’Herbelay, sous le costume du chevalier (TlSssonne, sort de la grille .)