ACTE II, SCÈNE VIL
olivier, à part.
C’était son parrain.
HILARION
Qui? lui!...
RÉGaILLETTE.
Il ne faut pas lui en vouloir... il avait si faim !...
Moi aussi, j’ai très-faim... {Le regardant.) Je ne me trompe pas, c’est M. Olivier...
OLIVIER
Mon propriétaire !...
HILARION
Mon débiteur de trois termes !...
OLIVIER
Ça va bien?
HILARION
Tout à l’heure, je vous dirai ma façon de penser... mais à présent je suis si joyeux, si content... je n’ai, pas la force de me mettre en colère... Ah ! Kégailletle !... Kégaillette ! ... llégaillette ! . . . je suis le plus heureux des parrains !...*
RÉGAILLETTE.
Mais qu’est-il donc arrivé ?
HILARION
Tu as mis ton costume des dimanches, bon !
RÉGAILLETTE.
Mais pourquoi ?
HILARION
Devine devant qui tu vas paraître?
RÉGAILLETTE.
Devant le directeur de la musique de la cour.
Oui, d’abord, mais devant qui encore ?
RÉGAILLETTE.
Dam!
HILARION
Devant la reine!... la reine elle-même!
OLIVIER
Est-il possible?
RÉGAILLETTE.
Quel bonheur !
HILARION
Elle a voulu t’entendre chanter les airs du pays, te voir sous ton costume... tout à l’heure, uu beau carrosse viendra te chercher... je t’accompagnerai...
’ Olivier, Marie, Hilarion.
LE CHEVALIER D’ESSONNE
RÉGAILLETTE.
Vous, mon parrain?
HILARION
J’ai une lettre pour entrer au Louvre... si tu réussis, notre fortune est faite...
C’est donc aujourd’hui que mon sort va se décider... Oh ! c'est à présent que je voudrais réussir!... Mais qu’avez-vous donc, monsieur Olivier, vous voilà tout pensif... est-ce que vous avez peur pour moi ?
OLIVIER
Pour vous, non, mais pour moi.
RÉGAILLETTE.
Expliquez-vous.
OLIVIER
Adieli, Régaillette... la fortune nous sépare... adieu !...
HILARION
C’est très-bien, jeune homme, partez !
RÉGAILLETTE, à part.
Ah !... {Haut.) Restez!
HILARION
Hein?
RÉGAILLETTE.
Pour arriver aussi à la fortune, il ne vous faut que pénétrer au Louvre... que parvenir jusqu’au seigneur Casa Rianca!...
HILARION
Ça n’est pas facile d’entrer au Louvre... il faut une lettre spéciale...
RÉGAILLETTE.
Puisque vous en avez une...
Pour moi.
RÉGAILLETTE.
Non, pour lui !
olivier, à part.
Pour moi !
HILARION
Allons donc !
RÉGAILLETTE.
Vous n’avez rien à demander, vous, voyons... vous consentez, n’est-ce pas?
HILARION
Du tout ! je refuse absolument I
olivier, à Régaillette.
Merci de votre bonne intention, mais vous le voyez, c’est impossible.