SCÈNE V
OLIVIER, RÉGAILLETTE*, puis HTLARION.
M. de Nangis avait là de belles idées!... [4 part-) C’est égal, quoi qu’en dise njon parrain, il faut absolu ment que je sache ce que je suis ici.
ODivreg, à part.
Le vicomte aussi veut me tromper. Adieu donc mon plus beau rêve, ma plus douce espérance, (fausse sortie.)
RÉGAILLETTE. é
Eh bien ! vous partez, Olivier ?
OLIVIER
Oui, Régaillette. Oh ! n’essayez plus de feindre , ni de me retenir. Que ferais-je \c\'l je ne puis raèqie plus être votre ami.
RÉGAILLETTE.
Qu’entends-je ?
OLIVIER
Car cet amour que vous m’aviez promis, vous ne l’avez pas seulement donné... yous l’ave? yendu à un autre.
RÉGAILLETTE.
Moi !
OLIVIER
Votre amour a été le prix de tout ce luxe qui vous environne.
’ Olivier, Régaillette. •
RÉGAILLETTE.
Ohl ça n’est pas vrai... ça n’est pas vrai!... me soupçonner... m’acccuser,vous... oh ! c’est affreux... Si mon parrain était là, il vous dirait que je suis une honnête fille... Oh! je ne connais pas ni le langage, ni les habitudes de ce Paris où j’arrive à peine, mai? dans mon pauvre village, on ne m’avait apppris ni à mentir ni à tromper, là... j’ai vu mes compagnes donner leur amour, et pour la vie.., mais le vendre 1... jamais, jamais!...
olivier, avec émotion.
Régaillette...
RÉGAILLETTE.
Oh ! je ne veux pas que vous partiez maintenant. {Bruit de
■voilure.)
olivier, avec dépit.
N’entendez-vous pas ce carrosse qui entre dans la cour ? ne comprenez-vous pas qu’il faut que je cède la place à monsieur d’Essonne.
régaillette, vivement.
Monsieur d’Essonne!... c’est lui... lui seul qui peut me justifier... il vient comme tous les soirs causer et souper avec moi... il se croira seul... et vous serez là.
olivier.
Comment, vous voulez. . .
régaillette.
Que vous entriez là... dans cette pièce, vous en laisserez la portière entr’ouverte... vous pourrez donc tout voir, tout entendre... vous saurez, monsieur, si Régaillette a donné deux fois son amour.
olivier, avec doute.
Cet accent...
régaillette.
11 monte...
olivier.
Je ne sais si je...
régaillette.
Mais venez donc. {Elle l’entraîne vers le boudoir, l’y pousse et laisse retomber la portière.) ,