‹ Le chevalier de Boufflers et la comtesse de Sabran, 1788-1792Chapitre 11 sur 65 · Lettre du 14 avril · texte numérisé non relu

Lettre du 14 avril

2. M. de Montigny avait succédé à son père en 1760 dans la charge de trésorier de France. Il faisait partie de l'Académie des sciences et de l'Académie de Berlin. l\ possédait une belle bibliothèque qu'il laissa à Éléonore, sa nièce préférée. W est mort en 1778.

brouillé avec madame de Montigny. C'était le sujet de scènes continuelles entre la présidente et sa petite-fille, car Éléonore ne voulait pas abandonner son père et elle le soignait avec beaucoup de dévouement. Il était circonvenu par des intrigants, et Tun d'eux, qui avait cherché à épouser l'aînée des deux sœurs, malgré ou peut-être à cause de sa faible intelligence, avait, après la mort de celle-ci, reporté ses vues sur la cadette. C'est pour échapper à de pareilles obsessions qu'elle se décida à faire un mariage de raison. « Elle eut la sagesse, dit Elzéar, de préférer à tous les jeunes gens les plus à la mode, qu'attirait la réunion de sa fortune et de sa figure, le comte de Sabran *, illustre marin peu riche et qui avait cinquante ans * de plus qu'elle, mais qu'elle connaissait et admirait depuis son enfance, ayant, de bonne heure, entendu raconter, dans tous ses détails, le fameux combat du Centaure ^ »

1. Le comle Joseph de Sabran, seigneur de Grammont, né en 1702; chef d'escadre en 1764, lieutenant général des armées navales en 1774, commandeur de Saint-Louis. 11 était fils du comte de Sabran et de Marie du Bouzet (de la maison de Roquépine).

Page 1