‹ Le chevalier de Boufflers et la comtesse de Sabran, 1788-1792Chapitre 13 sur 65 · Elle a été admise aux honneurs de la cour le 2 février · texte numérisé non relu

Elle a été admise aux honneurs de la cour le 2 février

4. On verra à l'Appendice (p. 305) les principales alliances de la maison de Sabran.

5. Ces vers ont été faits en 1818 par le comte de Castellane, à l'occasion du mariage de sa cousine, Victorine de Pontevès-Bargème avec Elzéar-Louis-Zozime, comte puis duc

Je n'irai pas aussi loin que le comte Jules de Castellane parlant de sa cousine. Ëléonore n'était pas un ange; mais c'était une vraie femme, et si jeune, si séduisante que le comte Joseph me parait avoir été un peu imprudent.

Il fut plus heureux que sage, car elle eut une conduite et une tenue irréprochables, mais il ne jouit pas longtemps de son bonheur. Il fut enlevé par une attaque d'apoplexie, à Paris, le H juin 1775, et madame de Sabran, qui se trouvait à Reims avec toute la cour pour le sacre de Louis XVI, ne put même recueillir son dernier soupir.

Elle se confina chez Tévêque de Laon, au château d'Anisy, pour pleurer son vieux mari et pour soigner ses enfants. Elle cherchait à se distraire en faisant de la musique et en peignant; j'ai vu un mauvais portrait de l'évêque daté de cette année-là, et aussi le sien dans son costume de veuve qui lui allait à merveille. Tout en n'ayant qu'un talent d'amateur, elle avait le don de la ressemblance et pourtant on

de Sabran, baron d^Ausouis et de Beaudinard, pair de France, lieutenant général, qui était né en 1764 et qui est mort en 1847.

il6 LE CHEVALIER DE BOUFFLERS

a peine à la reconnaître. Sa figure paraît toute petite; on ne voit plus que ses grands yeux bleus *. Une coiffe blanche bordée de noir emprisonne ses cheveux blonds qui, d'ordinaire, étaient indisciplinés et dont les boucles folles formaient une auréole autour de sa tête ' ; mais ils furent bientôt rendus à la liberté, car, en 1777, Boufflers célébrait leur beau désordre dans ses couplets sur Sabran la mal-peignée '.

Elle avait acheté, dès 1776, un superbe

1. On a dit que madame de Sabrao avait les yeux noirs : c'est une erreur et il m'a été facile de la constater. J'ai vu six de ses portraits, entre autres celui qui a été fait par madame Vigée Le Brun et qui est un véritable chef-d'œuvre : il fait partie de la galerie de M. E. Brahy (à Liège). D'ailleurs je lis dans les Mémoires de madame Vigée Le Brun que madame de Sabran avait les yeux bleus. Elle avait les cheveux blonds, les sourcils et les cils presque noirs.

2. Dans les autres portraits de madame de Sabran, sa chevelure ébouriffée fait paraître la tétè disproportionnée.

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