I. Pierre de Piellat du Buisson (note du manuscrit
la plupart de ses conclusions des effets qu'il avait observés lui-même dans les réalités de la guerre.
La publication de Polybc avait encore développé ses sentiments d'estime et d'amitié à l'égard de Folard, et quand arriva l'affaire des convulsionnaires, il dut hausser les épaules. En tout cas, il joignit sa sympathie à celle de Belle-lsle et profita de l'occasion pour rendre service à son propre père, le roi de Pologne^.
Celui-ci avait le désir de remanier les fortifications de Dresde, et Maurice engagea Folard à le suivre en Saxe. Avec l'assentiment de Belle-lsle, lintéressé y consentit et le comte de Saxe pouvait écrire au mois de mai 1732 à son père que l'affaire était entendue avec Folard.
Je compte qu'il amusera Votre Majesté sur toutes sortes de métiers, disait-il. Je tâcherai aussi d'engager un homme raisonnable à faire un tour en Saxe : mais les Français sont paresseux à sortir de Paris — j'entends ceux qui valent quelque chose — et ils sont au désespoir quand il s'agit d'aller seulement sur la frontière 2.
Malheureusement, si Folard n'hésita pas à franchir cette frontière avec son entrain coutumier, il n'eut pas le temps d'exercer son activité au profit de son nouveau protecteur, car celui-ci mourut sur ces entrefaites (i^' février 1733), et cet événement eut une répercussion immédiate dans la plus grande partie de l'Europe.
Auguste II était en effet le protégé de Pierre le Grand, et d'autre part les Polonais, chez qui la monarchie était élective, n'attendaient que cette vacance pour s'affranchir de la tutelle russe en se donnant un roi national. Ils portèrent leur choix sur Stanislas Leczinski, tandis que la Russie et l'Autriche s'apprêtaient à soutenir l'élection d'Auguste 111, fils du roi défunt.
1. On n'a pas oublié que Maurice de Saxe était fils naturel d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, et delà comtesse de Kœnigsmarck.