I. Voici la traduction
A noble Jean-Charles de Folard d'Avignon,
Officier au régiment de Picardie,
Gouverneur de la ville et citadelle de
Bourbourg dans la Flandre royale,
Très savant et très courageux militaire,
Homme doux et honnête,
Oncle très illustre et très cher.
Son héritier, Hubert de Folard
Ambassadeur du Roi Très-Chrétien
en Allemagne.
Il mourut le 23 mars 1732
dans sa 83* année.
Restauré en 1844 par les soins de Victor et Joseph de Folard,
ses neveux.
avec la croix de Saint-Louis, en train d'étudier un plan déroulé devant lui. Sa tête fine et intelligente offre tous les traits de cette vivacité et de cette énergie qu'on a pu admirer au cours de son histoire. Et il nous semble, à nous, que nous Tavons réellement connu...
Sa conversation enjouée i, son imagination vive, ses reparties promptes, son jugement fin, son amour presque imprudent de la vérité, sa droiture de cœur, sa bravoure et sa hardiesse faisaient du chevalier de Folard un de ces personnages auxquels il a manqué seulement un peu de chance pour devenir de grands hommes.
A peine eut-il disparu que ses détracteurs et ses partisans se livrèrent au plaisir de l'attaquer et de le défendre.
Mais on doit constater que les détracteurs furent pris en flagrant délit de mauvaise foi, car ils tronquaient certains passages de Polybe pour les discuter ensuite à leur manière -.
En réalité la valeur générale de l'ouvrage ne fut jamais contestée sérieusement. Le grand Frédéric y trouva même de si bonnes matières qu'il en fit de sa main un résumé intitulé : L'esprit du chevalier de Folard. Il eut le tort de dire dans sa préface : « Cet illustre militaire avait enfoui des diamants dans du fumier, nous les en avons retirés. » En effet, si le roi de Prusse a pris de bonnes choses dans Polybe, il n'a pas choisi les meilleures, et ainsi sa critique semble plus vaniteuse que judicieuse. Il ne faut pas oublier du reste que Folard avait décliné l'invitation de ce royal compilateur.
A peu près à la même époque (17S8-1760), paraissait un gros volume de Mémoires inilitaires dans lesquels M. Charles Guischart, capitaine au service des Provinces- Unies, paraissait écraser le chevalier de Folard sous une avalanche de citations et d'arguments.
Mais en 1770, M. de Lo-Looz fit prompte justice de cette façade sans valeur en publiant ses Recherches d'antiquités