Bibl. nat., Ln
2. Ibid. M. de Vissac. dans sa brochure, déclare que c'étaient là les atteintes de la pierre, mal héréditaire des Folard, on s'en souvient, et cette indication nous semble fort vraisemblable.
de France à la Diète de l'Empire et plus tard envoyé extraordinaire auprès de l'électeur de Bavière, est institué son héritier universel. Tous ses papiers sont légués à son cher maréchal de Belle-Isle et quelques plans seulement avec divers objets, à son neveu de Robert. Son secrétaire Constant se voit attribuer toute sa défroque et quatre cents livres de gratification; l'abbé Grégoire, curé de Notre-Dame, aura le beau Christ en ivoire; le major de Folard, le portrait de Louis XIV et un tableau représentant la tête de Notre-Seigneur ; enfin le chevalier Johannis de Verclos est remercié, comme aimable propriétaire, par un cadeau de cent cinquante livres.
La liquidation fut faite par les soins de M*^ Mantillery, '< notaire apostolique et royal, frère de l'ordre de Saint- Jean de Dieu »; et ce fut M. Vernety, avocat, qui représenta Hubert de Folard absent. Par ses soins l'héritier universel n'accepta la succession que sous bénéfice d'inventaire et fit bien, car le produit de la vaisselle d'argent, des estampes, de la bibliothèque et du mobilier ne suffit pas à couvrir le passif.
Le chevalier en effet ne possédait qu'un faible patrimoine, une maison et quelques terres dans le bourg de Morières. Son capital mobilier se composait uniquement des pensions qu'il devait à la munificence royale et qui étaient presque en totalité acquittées par la famille de Caderousse.
Or, le chevalier avait contracté des engagements qu'il fallait tenir et des dettes qu'il fallait payer. A ces dernières s'ajoutaient aussi « les frais faits pendant la dernière maladie dudit seigneur chevalier de Folard comme aussi après sa mort » ; et ici apparaissent d'instructifs détails. On relève entre autres :
Payé au menuisier qui a fait et fourni la caisse ou cercueil 6 livres.
Pour deux douzaines d'armoiries qui ont servi à l'enterrement et ensuite ont été mises à la chapelle où le défunt est inhumé 12 livres.
Acheté sept crêpes données {sic) aux domestiques qui ont
accompagné le corps à la sépulture et assisté à la dite messe 2 livres. 12 sols.
Payé à la servante de M. le chevalier de Verclos qui a servi et veillé plusieurs jours le défunt par gratification 12 livres.
Fait livrer à M. le major Folard et à M. Folard son neveu, capitaine, suivant le codicille du défunt, un habit de deuil complet à chacun, suivant le compte du marchand, payé 400 livres.
Pour les arrérages du loyer de Tappartement de la maison ou pour le temps qu'il avait encore à tenir d''accord. payé à M. le chevalier de Verclos . . 166 livres, 13 sols, 4 deniers.
Pour faire rétamer la batterie de cuisine appartenant au dit chevaher de Verclos dont se servait le dit feu seigneur de Folard 2 livres, 10 sols.
Au nommé l'Empereur, frotteur de pavé 6 livres.
Payé au sieur Palme, trompette et crieur public, pour ses vacations i livre, 4 sols.
C'est par tous ces petits détails qu'une époque prend son relief et qu'elle renait réellement devant notre imagination avertie avec ses traditions, ses coutumes, ses figurants et leurs emplois... C'est aussi par mille traits, observés au cours de son existence, qu un personnage reprend l'apparence de la vie pour évoluer dans le passé avec ses contours précis et une sorte de transparence surnaturelle qui nous permet non seulement de suivre ses mouvements, mais encore d'en saisir les motifs. L'Histoire, avec son recul, nous donne la jouissance d'une prescience qui dans le présent demeure l'apanage de Dieu seul ; et avec un petit travail de transposition nous savourons ce « passé-prévu >/ comme si nous en étions les contemporains.
Ainsi nous évoquons nettement Folard, dressé depuis sa jeunesse à nos yeux habitués, et traversant à notre vue intéressée cette longue période semée de luttes, de dangers, d'amertumes et de gloire, pour venir enfin terminer en ce bel Avignon une verte vieillesse sous nos regards attendris.
Car une si ancienne connaissance, un homme si sin-
gulier ne s'en va pas sans émouvoir les plus indifférents.
Aujourd'hui un mausolée et un portrait rappellent sa mémoire aux visiteurs du musée Calvet d'Avignon.
Le mausolée, élevé par les soins de Hubert de Folard, est une large stèle rectangulaire qui porte sur une de ses faces cette inscription gravée dans le marbre blanc :