‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 175 sur 203 · LA TACTIQUE DE FOLARD · texte numérisé non relu

LA TACTIQUE DE FOLARD

Par le Capitaine André Dussauge.

Les militaires ne lisent plus Folard, et je crois qu'ils se privent à la fois d'un enseignement précieux et d'une lecture attrayante malgré son aspect sévère. Dans beaucoup de ipûgesdeï Histoire de Polybe se retrouvent le style et la belle humeur de Montaigne, du Montaigne racontant ses campagnes avec le jugement clair et la pointe d'ironie qui donnent à son œuvre un goût de terroir bien français. De Montaigne, Folard a les qualités et les défauts; comme lui, nous le voyons s'essayer au paradoxe et peu de passages dans la littérature militaire sont aussi amusants que le chapitre où il oppose deux généraux, l'un fort expert, l'autre incapable, et conclut en faveur du second : « Aussi voit-on des généraux qui à force d'être des sots et des ignorants en matière de guerre, évitent les pièges d'un habile homme, semblables aux filles du village de M. de Balzac qui étaient trop sottes et trop stupides pour être trompées par un homme d esprit i. »

Mais on aurait tort de juger Folard d'après ses boutades qui sont nombreuses ; il ne les amène que pour illustrer son récit et elles apparaissent toujours pour renforcer une thèse juste ; leur plus grand mérite fut précisément de créer autour du nom de Folard des courants d'opinion

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