‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 81 sur 203 · Polybe, t. IV, p. 255 et suiv · texte numérisé non relu

Polybe, t. IV, p. 255 et suiv

3. L'expression était à ce moment si fort à la mode qu'on peut excuser l'anachronisme.

était de tant de belles captives, qu'on ne l'eût pas pris pour être né en Afrique.

« Cyrus, Philopoemen, Scipion l'Africain, Epaminondas, Drusus, frère de Tibère, l'empereur Aurélien ont été des modèles de chasteté et de tempérance, et tous ces gens-là sont ce qu'il y a de plus grands guerriers dans l'antiquité ^ »

En lisant ces lignes, où éclate l'ambition d'acquérir la gloire, ou tout au moins le désir d'imiter les grands hommes, on s'explique un peu mieux l'absence totale d'aventures galantes dans la vie du chevalier, en un temps si proche de la Régence dont les mœurs scandaleuses ne furent sûrement point le résultat d'une dissolution spontanée mais bien celui d'un état latent. Cette retenue du chevalier paraît d'autant plus extraordinaire que la fréquentation du grand-prieur, voire celle du duc de Vendôme n'étaient point faites pour fournir de bonsexemples. Mais Folard professait un si profond mépris à l'égard d'une catégorie de personnages plus courtisans que soldats, dont le trait principal était la pratique de la galanterie, que son aversion a dû contribuer malgré tout à le tenir éloigné de certains plaisirs.

« Ceux qui disent, a-t-il écrit, que la passion pour les femmes et celle qu'on a pour les plaisirs sont les compagnes inséparables de la valeur et du courage et qu'il y a peu de grands capitaines qui n'aient été adonnés à l'une et à l'autre ; ceux, dis-je, qui tiennent de pareils discours nous font assez connaître que les femmes, lalecture des romans et leur goût pour les spectacles sont leurs plus sérieuses occupations. »

Et voilà que ce rigide censeur, ce soldat réfractaire à l'amour, cet homme de quarante-trois ans était pris dans les mailles douces et légères dont il flétrissait l'entrave et à travers lesquelles il prétendait pouvoir passer. Il est vrai que c'était pour le bon motif et qu'ainsi la plus sévère partie de son argumentation tombait devant la ligitimité de ses aspirations.

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