‹ Le chevalier de Folard, 1669-1752Chapitre 94 sur 203 · Ibid, fol · texte numérisé non relu

Ibid, fol

3. Cette scène est exactement rapportée d'après la correspondance secrète de l'agent du ministie à Malte,

lui assura qu'il ne devait point s'embarrasser du grandprieur, car celui-ci ne se levait qu'à une heure après midi. « Buono, dit Son Eminence, d'un ton bas qui témoignait de sa satisfaction.

— Après quoi, poursuivit le confident, il prend son chocolat et joue jusqu'à six heures du soir, sans regarder personne que ses chiens pour lesquels il a une grande considération.

— Buono, reprit le grand-maître une seconde fois d'un ton un peu plus élevé. Et ensuite ?

— Ensuite, Monseigneur, il va à la promenade et retombe chez la signora Rosa à qui il rend visite.

— Buono, buono, questo va bene, ajouta Son Altesse Eminentissime.

— Et puis, continua l'autre, il sort à huit heures du soir suivi de cinq ou six jeunes gens, retourne chez lui, se met à table et y demeure jusqu'au jour.

— Buonissimo 1 buonissimoll buonissimo 111 »

Le grand-maître, disait l'agent du ministre, prononça ces paroles avec une progression harmonieuse, ayant commencé par le plus bas ton et finissant par le plus aigu, comme quand un écolier commence le solfège.

Depuis ce temps-là, déclarait l'agent du ministre à la fin de son rapport, le grand-maître, qui a eu le temps de mesurer M. de Vendôme, lui a donné différents dégoûts ; et les étrangers, qui l'ont remarqué, ont commencé à perdre de ce respect et de cette vénération que les préjugés honorables de son nom, de ses emplois et de sa dignité leur avaient inspirés ^

Il est certain que Folard partagea la disgrâce de celui qui s'était institué son protecteur et qu'après mille politesses accordées au grand-prieur et à sa compagnie don Perrelos n'eut d'autre idée que de s'en débarrasser. Et puis, trois jeunes Français : MM. de Bassière, de Bonelle et de Saint-Germain venaient d'enlever en bateau une jeune fille de Malte en la déguisant en garçon-. Il était

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