‹ Le chevalier de Méré: rival de Voiture, ami de Pascal, précepteur de Mme. de Maintenon; étude biographique et littéraire, suivi d'un choix de Lettres et de Pensées du ChevalierChapitre 30 sur 57 · LETTRE A MONSIEUR MITTON · texte numérisé non relu

LETTRE A MONSIEUR MITTON

ÉLOGE DE MITTON — COMME a AUTKUU » ET HONNÊTE HOMME

Donnant, donnant. Le Chevaticr ne manqua pas d'of- Jrir à Mitlon, qui le servait si bien — à Paris — auprès de personnes « de grande répiitulion », la meilleure n^onnaie de sa pièce.

H faut reconnaiire, en deliors des exagérations de l'amitié, qu'il y avait du vrai d'un côté comme de l'autre. En tout cas, la sincérité se sent — ici et là.

De quelque sorte de plaisir que je puisse être touché, je sensi toujours que quelque chose me manque si je suis longtemps sans apprendre de vos nouvelles. Je vous assure aussi que je n'ai jamais de chagrin qui ne s'adoucisse quand vous me mandez que vous seriez bien aise que nous fussions ensemble...

Mais il me semble que le commerce des conversations et des conférences l'emporte auprès de vous sur celui des billets et des lettres... Pourtant, vous dites quelquefois dans un jour plus dl'excel lentes choses qu'il n'en faudrait pour faire cent billets qu'on lirait avec beaucoup de plaisir.

Je voudrais bien que votre jeune Secrétaire (son fils), que j'aime dès son enfance, ne fût pas si libertin et qu'il se tînt plus assidûment auprès de vous : peut-être que je recevrais plus souvent de vos lettres... Je charge tous les gens qui vont à Paris de s'enquérir de vos nouvelles, et j'en demande à tous ceux qui reviennent de ce pays-là. Mais comme on ne vous voit pas aisément, je n'en saurais point du tout, si le hasard ne me donnait des « espions » et

des « espionnea » pour vous observer tous les ans, quand vous allez aux eaux de Bourbon (i)...

Je goûte présentement les plaisirs, de l'automne à îa campagne, et je n'y serais pas à plaindre, si je pouvais, oublier nos cntietieiis et les agréments d'une D&me qui me tieuncnt encore plus au cœur que je ne voudrais. Je rêve, je me promène, je me repose k' long des ruisseaux sous les ombrages verts et m'endors souvent sur les meilleurs livres des Anciens.

Je lis aussi quelquefois ce qu'on écrit aujom-d'hui, et je fus — il y a quelques jours — bien surpris de trouver ce que vous m'avez montré sur Vhonnêteté et sur d'autres sujets dans un petit livre : je crois que c'esit un VI® tome des Œuvres mêlées de Saint-Evre

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