MAXIMES DIVERSES
On vit plus en deux jours de loisir et l'on y sent mieux la vie qu'en deux ans d'affaires et d'embarras.
La plupart des gens avancés en âge aîment bien à
dire C[u'ils ne sont plus bons à rien, pour insinuer que leur jeunesse était quelque chose de rare.
Ce n'est pas un médiocre plaisir que de se laisser conduire à son naturel.
Les louanges qui font de l'honneur à celui qui les donne comme à celui qui les reçoit plaisent bien lorsqu'on les apprend de quelqu'un qui les, rapporte et qu'on ne les soupçonne ni de dessein ni de flatterie.
Les louanges directes sont sans goût^ et d'ordinaire on cherche à les déguiser pour les rendre agréables.
Il est souvent bon de se vanter, modérément toutefois, ou du moins de se faire valoir parmi de certaines gens.
Rien ne peut tant nuire aux personnes qui tâchent d'exceller, que de les louer à contre-temps., ou de les rebuter maT à propos.
Il n'y a rien d'inutile et de superflu qui ne devienne nécessaire à force de s'y accoutumer.
Ce qui languit ne réjouit pas, et quand on n'est touché de rien — quoiqu''on ne soit pas mort — onfait toujours semblant de l'être.
Pour bien faire une chose, il ne suffit pas de la savoir, il faut s'y plaire et ne s'en pas ennuyer.
Ce qui, la plupart du temps, nous paraît difficile et même impossible, ne l'est pas tant de soi-même qu'à cause de notre peu d'activité, de notre peu d'adresseet de notre peu d'invention.
n n'y a point de si petit bien qui ne vaille quelquechose entre les mains d'un habile homme.
Les gens simples qui se laissent conduire à leur Tnstinct naturel sont moins sujets à se tromper que la plupart des grands personnages qui pensent tout savoir.
Le petit nombre qui d'ordinaire est le meilleur, setrouve rarement le plus fort.
On a peu de grâce à jouer le personnage d'un autre.
Un peu de négligence est fort commode — et pourrait-on vivre avec des gens qui seraient toujours si 'exacts et si réguliers ?
Le plaisir même, qui se présente toujours d'un ordre si égal, lasse aisément et devient comme une cordée.
Lorsqu'on es,t seul et qu'on s'ennuie de ses pensées, •on ne s'en défait pas comme on veut.
Si le monde a ses dégoûts, la retraite a les siens — ■et plus pesants et plus tristes.