‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 66 sur 185 · LA FORTUNE DU POT · texte numérisé non relu

LA FORTUNE DU POT

— Vous ne sauriez croire, M. le gouverneur, marmotta Pampelonne d'un air capable, en s'asseyant et s'essuyant le front, dès que du Fresne eut quitté la salle, combien ces malotrus m'ont coûté de manœuvres pour les amener jusqu'ici... Ouf!

— Prenez donc un verre de xérès pour vous remettre le cœur ; c'est, je vous jure, un petit vin drôlet.

— Merci.

— Sans façons ?

— Sans façons. « Est- il enragé avec son

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xérès, murmura en lui-même le Gascon ; je me charge d'empoisonner un bœuf avec trois goulles de ce nectar. »

— Ah! C'a dites -moi... croyez-vous que du Halot se rende h mon invitation?

— Je n'en doute pas ; du Ilalot n'a jamais boudé un bon repos.

— Et vous dites que deux amis sont venus le visiter, ce cher du Halot.

— C'est l'exacte vérité... deux mauvais gueux, royalistes par la forme, huguenots par le fond.

— Et pourquoi ces cavaliers ne l'ont-iis pas accompagné?

— Du Halot, mon aimable oncle, est bête et défiant tout à la fois ; il a craint de passer pour suspect. Quand les petites imaginations trament quelque mauvais coup, elles s'effrayent aisément, et nous ne sommes pas très-avantagés du coté de la cervelle dans notre pauvre famille.

— Vous faites exception, mon père, et je vous aime beaucoup mieux ami qu'ennemi, croyez-le.

— Vous me flattez, monsieur.

— Non, ma foi ; et je suis sûr, ceci soit dit sans vous offenser, que si vous vous étiez mis en tête de m'enlever ce château, vous m'eussiez promptement mis dehors.

Le Gascon cligna de l'œil en homme qui pare un coup dangereux, et riposta aussitôt :

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