‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 79 sur 185 · LA MORALL DE L HISTOIRE DES COUTEAUX · texte numérisé non relu

LA MORALL DE L HISTOIRE DES COUTEAUX

Pampelonne, suivi de Rochemorte, descendit dans la cour, marcha droit à une galerie , s'engagea dans un escalier souterrain , et arriva , après avoir franchi environ deux cenls marches, à une petite porte taillée dans l'ëpaisseur du mur. 11 fit crier plusieurs gros verrous, et tira la porte à lui. Le vent frais qui courait dans le fossé, s'engouffrant par cette ouverture, éteignit la lumière.

— Nous avons assez de nos yeux , dit le Gascon, et il marclia droit vers le lieu où était tombé du Fresne.

204 LE CHEVALIER OÊ PAMPELONNE.

A peine avait-il fait quelques pas , qu'il arrêta Rocheniorle, et lui dit :

— Entendez-vous?

— Oui... ce sont des gémissements.

— Corbeuf! le ciel est juste, notre homme n'est pas mort.

Et tous deux marchèrent vivement , dirigés par la voix qui se plaignait dans les ténèbres.

— Au secours ! à moi ! à moi ! ici ! ici ! murmura la voix sur un ton lamentable.

— Eh bien ! mon pauvre capitaine, vous vous êtes donc laissé choir ! dit Pampelonne avec compassion.

■ — Quoi! c'est vous, chevalier!... Dieu soit loué ! Vous m'allez administrer et achever d'un seul coup, car je souffre mort et passion depuis trop longtemps.

— Aussi pourquoi diable allez-vous sauter après la herse au moment où ce rustre de Jérôme la levait en me désobéissant?

— N'avez-vous pas vu que j'étais tombé dans un guet-apens?

— Oui, mais il fallait prendre un peu patience, et attendre que le pont fût abattu. Bref, où en étes-vous? Vous seriez -vous rompu quelque membre, mon pauvre ami?

— Ma tête a porté contre le roc et s'est ou-

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