‹ Le chevalier de Pampelonne (volume 2)Chapitre 80 sur 185 · CHAPITRE xir · texte numérisé non relu

CHAPITRE xir

vcrie en hU-n des en.lroils, si âuro quelle fut et qu'on s'est plu à me le dire souvent. Puis ce poi gnet est dénns, ce hrns est casse, ce pied est foulé, celle j.imhe est brisée, oliî quelJe cliule, tçrand Dieu !

— Patience 1 on revient de si loin !... demandez à M. de Cln'non que voici; tout se racconiniode en ce monde, exceplé la conscience quand elle est fêlée, |)ar malheur; et ce n'est pas votre cas, je pense.

— Oh î pardonnez-moi , mon père . je suis un grand coupable... xMais laissez-moi achever le récit de mes infortunes, avant d'entreprendre ma confession.

— Vous battez la campagne, mon pauvre ami : à qui diantre parlez-vous de confession^ Je n*ai jamais eu du moine que le froc, vous le savez bien.

— C'est juste... mais, dame! il m'est permis d'avoir les idées confuses et mêlées quand ma tète est en compote... D'ailleurs, prêtre ou laïque, je vous tiens pour un honnête jeune homme, un bon catholique , et je vous dirai mes plus gros péchés avec autant de dévotion que si vous étiez Sa Sainteté le pape.

— A votre aise, mais fion sum dignuSy mon frère.

— M. le chevalier Bayard s'est bien confessé

â06 Î-E CHEVALIEK DE PIMPELONIVE.

à son épcc, dans la retraite de Romagnano où il reçut le coup mortel.

— Au fait je vous écouterai de mon mieux. Vous disiez donc...

— Vous allez recevoir ma confession, l\r. de Pampelonne; puis pour être agréable à Dieu qui paye les secours donnés aux malheureux, vous m'étranglerez le moins mal que vous pourrez , attendu que je souffre horriblement, et que je ne me fais pas illusion sur mon méchant état.

— Venons-en à la confession, dit Pampelonne avec sévérité.

— Chevalier , vous souvient-il de m'avoir vu pâlir bien des fois pendant que vous racontiez cette épouvantable et trop véridique histoire des couteaux de votre oncle?

— Oui.

— Savez-vous pourquoi je pâh'ssais?

— Oui.

Le blessé tenta de faire un mouvement qui lui arracha un cri de douleur.

— Et que savez-vous? demanda-t-il d'une voix troublée.

— L'histoire des couteaux que j'ai racontée n'est pas arrivée à du Halot, mais à vous.

— Ciel! qui vous a dit?

— Depuis la Saint-Barlhélcmy vous avez éfé poursuivi sans relâche par l'horreur de voire

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rrinic, et vos nuits en ont rtc cpouvantrcs , tout ennemi des liuguenots que vous êtes resté.

— Comment savez- vous.. ?

— Je vous le dirai. Laissez-moi aeliever votre confession : mourant eomnie vous voilà, vous n'auriez pas la force de tout articuler.

— - Aehevez! dit du Fresne abîmé de honte et d'étonnemcnt.

— Le nom du gentilhomuie calviniste que j'a\ais oublié dans mon récit, voulez-vous que je vous le dise, ainsi que celui de sa femme?... Oui, n'est-ce pas? Eh bien! c'étaient M. le chevalier de Jaillac et madame de Jaillae, ou, si vous aimez mieux, Tun était mon père, lautre était ma mère.

— Miséricorde! cria du Fresne, miséricorde! Dieu puissant!

— Mon père et ma mère qui ont été lâchement et misérablement assassinés le 24 août 1572, ma mère par votre ])remière femme , mon père j)ar vous. Deux enfants, deux frères ont survécu à cette boucherie et ont changé de nom pour rejoindre plus sûrement les assassins et venger les victimes. L'aîné est mort empoisonné sous les murs de Beauvoir par du Haiot, le cadet est devant vous.

— Grâce ! c'est Dieu qui vous a vengé.

*- Maintenant, sachez ce que j'ai fait. Je suis

calviniste comme rétaient mon père et mon frère; j'ai voulu m'empar(;r du château d'Angers pour le compte du roi de Navarre, et me suis associé le vicomte de Gourdon et le baron de Rochemortc. Le premier a consenti à prendre rang parmi les laquais de du Halot pour me bien mettre au courant de ses allures; le second est là qui m'écoute, c'est M. de Chinon. Il me fallait une intelligence fidèle, dévouée dans la ville , et j'ai songé à votre femme...

— Eh quoi ! lâche ! murmura du Fresne, vous osez attaquer la réputation d'une pauvre femme!

— Loin d'attaquer votre femme, je vous déclare que je la hais tout comme je vous hais vousmême.

— Je comprends, murmura du Fresne avec fureur; et un éclair brilla dans ses yeux.

— Comprenez ce qui vous plaira , j'achève mon récit et je l'abrège, car vous me faites pitié. J'ai reçu, par les soins de madame du Fresne, les mots de passe qui m'ont permis de voyager hier de la ville d'Angers aux avant-postes du prince de Condé. Vous m'avez bien lâché un coup d'arquebuse au moment où j'enjambais le mur de votre jardin, mais vous n'avez troué que mon chapeau, et ceci prouve que vous êtes d'une belle force à respingole,». Je le savais»

— Ah ! misérable !

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