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Le chevalier de Pampelonne

Le soleil se leva radieux, le lendemain, pour éclairer la campagne d'Étampes. La. marquise Fabiani, qui avait attendu avec impatience les premiers feux du jour, et n'avait pas fermé les yeux de toute la nuit, appela Venezia dès que l'aube eut fait briller sa blanche clarté. Venezia, qui s'était couchée tout habillée au pied du lit de la Vénitienne, se rendit à son premier appel.

— Mon enfant, dit la marquise avec un pâle sourire, il faut me faire belle aujourd'hui, car mon cœur est en fête.

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— Oui, marraine; puisque tel est votre désir, vous auriez dû prendre un peu de repos : croyezvous que votre visage n'ait pas souffert de Tagitation de votre âme? Notre seigneurie comte de Saveuse ne vous reconnaîtra peut-être pas.

— Tu m'efifrayes... donne-moi ton miroir... Hélas ! ce n'est que trop vrai, j'ai bien changé depuis trois ans ! il aimait tant les roses de mes joues, le feu de mon regard !.. . Aujourd'hui ces pauvres roses sont flétries, ce feu s'est presque éteint!... Mais Dieu, qui est infiniment juste et bon, lui dira quel vent sinistre a soufflé sur sa fleur adorée... Allons! Venezia, mets tes vêtements de deuil, ajouta la marquise d'une voix étouffée par d'amers souvenirs.

— Pourquoi reprendre ces vilains habits?

— Parce que mon deuil n'est pas fini, parce que je ne l'ai pas encore vu, lui ; parce que, devant le voir, j'ignore, comme tu l'as dit, s'il me reconnaîtra ; parce que, enfin, ce n'est pas encore la comtesse de Saveuse qui te parle, mais ta pauvre Fabia.

Sans répondre, Venezia présenta à la marquise les vêtements qu'elle lui avait demandés, et la toilette de la Vénitienne s'acheva dans un profond silence.

— Jamais je n'aurai la patience et le courage d'attendre jusqu'à midi cette procession, dit tout

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