CHAPITRE (I
vezelvous ne m'auriez jamais inspire le moindre caprice. Ne parlons donc plus de cela, mais convenons de ce que nous avons à faire pour exercer iioti'c vengeance trop tardive déjà. Pamprioimc csten France, Pan)pclonne,seraàParisau premier jour ; peut-être y est-il dans ce moment même.
— Eh bien! qu'il soit, qui! aille où Dieu voudra... je l'ai oublié, lui aussi, que m'importe!
— Et votre serment, ce serment fait à votre oncle du Halot, sur votre âme, sur votre vie éternelle ?
— II me sera remis ; des intérêts plus graves me préoccupent, répondit Clément en levant les yeux aux ciel.
— Hypocrisie que tout cela, repartit madame du Fresnc avec fougue; gardez ces belles raisons pour les novices de votre couvent.
— Hypocrisie, soit! dit Clément avec emportement ; du moins, je ne suis pas hypocrite avec vous, car voici le fait. Lorsque nous nous sommes ligués pour poursuivre les meurtriers de du Halot, j'étais dominé par trois sentiments : la cupidité d'abord, la haine ensuite, et enfin l'amour; la cupidité, car je me croyais sur les traces d'une découverte qui devait m'enrichir ; la haine, parce que Pampelonne était devenu mon ennemi personnel : l'arnour, parce qu'un caprice m'avait enflammé à votre vue, et que vous aviez
26 LE CHEVALItR DE PAMPELONNE.
rais votre dcl'ailc au prix (riiiic vciiyoaiu c qui m'était chère à nioi-monu\.. Vous voyez que la mémoire me revient.
— Continuez...
— Eh bien! la soif de l'or ne nie tourmente plus, non ; j'ai mépris pour ces richesses mondaines, je suis détaché de cetle vile ambition; la haine gronde avec plus de lureur que jamais dans mon sein, elle me dévoie, mais ce n"est plus Paujpelonne que je hais, cet homme n'est plus digne de moi. je poitc j)lus haul mes vues : c'est à la tête couronnée, maudite du peuple chrétien, que je >eux m'allaquer ; tant (pie cette tête sera vivante, sur les épaules du Valois, je me devrai à sa poursuite. Quant à l'amour, accusez-vous si rien ne s"éveiile en moi en vous revoyant. Je vous ai aimée, je vous ai otïert de mattacher en esclave à vos pas, votre beauté m'avait séduit, votre voix m'avait enivré. Ennemis, tous deux, du même homme, le sort semblait nous vouloir unir k jamais ! Vous avez repoussé mes offres; vous n'avez pas eu compassion de ma l'olie ; vous avez, par un calcul intéressé, mis une condition à la réalisation de mon rêve le plus cher. Aujourd'hui je ne vous aime plus; aujourd'hui une autre folie s'est emparée de mon cœur et de mon esprit ; ma pensée s'est tournée vers une autre étoile; une voix