HAINE
La duchesse de Montpensicr habitait, dans la rue de Tournon actuelle, l'hôtel qu'occupe, de nos jours . un escadron de gardes républicains. Cet hôtel, qui a si souvent changé de destination depuis les Guise, était, en 4589, l'une des plus somptueuses maisons de Paris, la fierté des princes lorrains leur commandant de folles dépensas et un faste royal qui ol) raient leur imîuen^c fortune, mais soutenaient : ur popularité.
La duchesse, lors de relevai ii i de son frère de Mayenne à la dignité de lieutenant général du royaume, s'était bien installée au Louvre, mais, si la vanité l'avait portée à cet acte d'autorité,
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elle n'en était pas moins icstce fidèle au quartier où, par sa piésciice, elle cxeitait rciithousiasnie du [)cuj)le cl l'cclat des applaudissements ; elle ne se rendait au Louvre qu'aux jours de grandes cëréiuonies et d'apparat.
La duchesse était dans son cabinet ; car cette femme active et infatigable menait la politique en homme d'Etat, cntreleiiait plusieurs secrétaires et liavaillait aux affaires de la Ligue plus (ju'auciin de ses chefs. La duchesse, plongée dans un grand fauteuil à haut dossier . décachetait et parcourait rapidement diverses dépêches que des courriers venaient de lui remettre, tt |)araissail fort troublée. Debout et accoudé sur la tablette de la cheminée, un homme, vêtu d'une robe de capucin , se tenait avec plus de familial'ité que de respect devant la princesse ; cet homme, ([ui jouait d'une main avec les gros grains d'un long chapelet suspendu à sa ceinture, était le révérend Bourgoing, prieur des Jacobins, l'un des acteurs les plus fanatisés de cette époque dramatique et sinistre, ligueur imj)lacable qui, mourant écarlelé pour expier l'assassinat d'Henri III, ne jeta pas un cri dans la torture, ncut pas un remords, et rendit son dernier souffle en njaudissant la mémoire du Valois et en glorifiant celle de l'assassin.
Le prieur regardait la duchesse avec curiosité,