CHAPITRE PREMIER. O
rintciTOgcant de leinps à autre [lOiir savoir ce ([uclcsdépéchcs pouvaient contenir d'intéressant.
— Encore un échec! s'écria madame de Montpensicr; Savcuse a été tué. La Gazette a été ramené par ces damnés huguenots ; on ne sait pas ce qu'il est devenu !
— Et le Valois, que fait-il?
— Voilà qui nous l'apprendra... Tenez , mon père, lisez... Dans quelques jours nous serons assiégés par les deux hérétiques.
Bourgoing prit la dépêche que lui présentait la main tremblante de la duchesse, et il la parcourut rapidement.
— Tant mieux ! le Philistin vient au-devant de sa ruine. Paris assiégé, le Valois est mort!
— Vous voyez tout en beau , mon père ; je suis moins crédule que vous... Le peuple sera vite affamé . nous n'avons pas d'approvisionnements...
— Si nous en avions, la guerre traînerait trop en longueur; il nous faut de la misère pour trouver un fanatique.
— Où le trouver, ce fanatique?... Tous ces bourgeois sont si lâches!
— Vous calomniez mon petit Clément, madame î
— Votre Clément n'est qu'un enfant ; peut-on compter sur lui?
A tE CHEVALIER DE PAMPELOlï^E.
— Peut-il coni|)ter sur nous, voulez-vous dire?
— Eh! mon [)ieu! vous n'en doutez pas; pour mon rouiple, il n"est rien que je ne fasse, vous \c savez.
— Si vous clcs de parole , je réponds de Clémcnl.
— L'avez-vous vu depuis hier?
— Je le vois à toute lieurc du jour ; son courage se soutient, et de[)uis la nuit dernii're il est plus zélé que jamais; notre stratagème a eom piclemeut réussi , ^ous avez jeté le désordre dans celte pauvre tète. Votre voix a excité, je ne sais pourquoi, la furie de ce pauvre diable; son cer- \cau n'était qu'ébranlé hier . aujourd'hui notre homme est fou.
— Que vous a-t-il dit ce matin ?
— Il m'a raconté son rêve, et vous pensez bien que j'ai profité de son exaltation pour réchauffer da\antage. Oui, ce matin Clément est venu me trouver dans mon oratoire , il s'est jeté à mes genoux et m'a fait une confidence (pu', pour moi , n'était pas nouvelle : ^- Mon père, m'a-t'il dit. il faut absolument que je soulage mon âme . en vous confiant ses horribles tourments. J'ai rêvé, il y a quinze jours environ, que je délivrais la France de son tyran, que je plongeais un poignard dans le sein de ce maudit qui met le peuple en deuil. Réveillé en sursaut, j'ai