DE PAB LE ROI
Il est enjoint k tous les habitans de la paroisse de la Jaudanniere en état de porter les armes» de se trooTer $amedy a CAatKonnay avec leurs armes en bon état, et le pins de pain qu'ils pourront, pour être prêts à marcher de suite où besoin sera. Tous ceux qui refuseront de marcher» ou qui n'apporteront pas à l'armée les fusils et munitions qu'ils ont
d'hommes se réunissent pourtant et le 15 se jettent sur l'armée républicaine, campée à Martigné- Briant. Ils ont d'abord l'avantage, mais après quelques heures d'une lutte très vive, tournés et chargés en queue par les 8* et 9" Hussards, ils sont repoussés et se retirent en désordre , mais sans être inquiétés. Pertes sérieuses des deux côtés.
chez eux, seront puuis comme rebelles à la ReligioD et an Roi. et désobéissaos aux chefs des armées Catholiques et Royales.
Les ofBciers seuls du Conseil provisoire resteront à leur poste pour l'utilité publique, et tiendront la main à l'exécution de la présente, sons leur responsabilité.
A Chantonay ce huit aouU 1793, Tan premier du règne de Louis XVII. .
N. On ne demande abêolumeni que Ie$ gens de
bonne volonté, point de piques, le moins que Von
pourra.
Par MM. du Conseil de guerre
Verteuil.
Tous ceux qui auront caché leurs armes, et qu'elles
se trouveront^ elles seront confisqtÂées au profit de la
personne quileê trouvera et condamnés enmême temps
à trente livres t amende.
VerteuU.
Les chefs Vendéens s'empressent de courir dans leurs cantons pour rallier plus de monde et faire tête à ce nouvel orage. Avant de se séparer, toutefois, ils avaient reçu la nouvelle de la mort de Cathelineau, expiré le 14, et le bulletin suivant fut expédié à tous leurs collègues :
<c Extrait des arrêtés du conseil de Guerre de la » grande armée Catholique et Royale, du 16 juil- » let 1793.
» Il a été arrêté qu'il serait tenu à Châtillon, » vendredi prochain, 19 du courant, un conseil de » guerre, composé d'officiers députés des armées » Catholiques et Royales de tout le pays fidèle au » Roy, à raison d'un seul officier député par deux » mille hommes de rassemblementjr pour procéder » à la nomination d'un général en chef pour tou- » tes les différentes armées, lesquelles à l'avenir » ne formeront sous le commandement du général » élu qu'un seul et unique corps d'armée, distri- » bué en autant de divisions qu'il existe mainte- » nant d'armées particulières.
» Arrêté en outre que Messieurs les commandants, » à qui leur positionrelativement à l'ennemi ne per- » mettra pas d'envoyer des députés, soient invités à » faire passer sous leurs sceaux privés au conseil su- Dpérieur, séant provisoirement à Châtillon -sur- » Sèvre, un écrit qui contienne leurs intentions » et leurs vues sur la nomination du général.
» Arrêté que les chefs commandants de corps au-
— iiï —
» dessous de deux mille hommes enverront seu- » lement un seul offlcier chargé d'exprimer leurs » vœux et leur choix. Chaque votant nommera » quatre sujets à cette place et celui qui sur la to- » talité des voix aura réuni le plus de suffirages » sera proclamé général en chef •
» A S'-Kerre de Chemillô, ce 16 juillet 1793.
» D'Elbée. — De BeauvoUier Taîné. — Chevalier des Essarts.
» Ledit arrêté soumis à l'adhésion des chefs par- » ticuliers des armées catholiques et royales.(l) »
Circulant de cantonnements en cantonnements^ ce bulletin éta^t envoyé par Chantonnay à la Roche-sur-Yon.
» Je joins à ma réponse. Monsieur, copie de » l'invitation de MM. de la grande armée ; je » crois la proposition de ces messieurs essentielle, » même nécessaire au bien de la cause commune. » Faites passer le plus promptement cette Invi- » tation à Messieurs delà Voyrie, de Lhomer et au- » très de nos confrères les plus voisins de vous. Nous » n'avons rien de neuf ici. Le rassemblement de )» nos ennemis continue toujours et même il sem- D ble qu'ils se soient rapprochés de nous, nos trois
(i) Pap. Goupilleau.
^ dernières découvertes ayant vu do leurs pa- » trouilles à l'entrée de Féoles.
» J'ai l'honneur d'être. Monsieur, votre cona frère et serviteur ,
» Sapinaud de la Yerie.
» Chantonnay^ ce 18 juillet 1793.
» Nous vous remercious de la bonne nouvelle » çpie vous nous apprenez. (1) »
L'armée de Royrand députa Messieurs de La Verie et de Vaugiraud pour prendre part à ce vote, à la suite duquel d'Elbée fut élu général en chef.
L'armée républicaine avançait lentement ; le 17 au matin elle occupa Vihiers. Tous les paysans du voisinage, restés à leurs travaux , accoururent et lui livrèrent un combat acharné qui dura toute la journée, mais dans lequel ils ne purent reprendre le bourg. Loin de se décourager, ils revinrent à la charge le lendemain avec plus de fureur, et cette fois La Barolière fût vaincu. Son armée est mise en déroute complète , et s'enfuit dans toutes leB directions^ à Ghinon, à Saumur et à Tours. Neuf jours après, la commission centrale des Représentants, qui s'était sauvée jusqu'à Tours, écrivait à ses collègues de Niort : a Nous ne pou-
(i) « Messieurs les commandants à la Roche-sur-Yon. {Pap, Goupilleau.)
» VOUS concevoir encore notre défaite. U est cer- » tain que Tennemi n'était pas, à moitié près, si » fort que nous (1). » Voici le bulletin de ce combat d'après Sapinaud de la Yerie :
« Jeudi, Tannée conunandée par MM. Piron, Mar- » sauges ,Forestieretdeux capitaines allemands a » attaqué les bleus en nombre supérieur. Elle leur » a tué malgré cela quinze cents hommes, fait trois » mille prisonniers , pris vingt-quatre pièces de » canons^ vingt-neuf caissons bien garnis et beau- » coup de bœufs, etcelaà Vihiers. On nous apprend » que la levée de paysans fiiite pour Luçon s'est dis- » sipée en partie , que M. de Gustine est passé avec p mille hommes du côté des Autrichiens. Demain » M. de Gumont nous arrive avec trois pièces de » canon et un caisson bien garni.
» Chantonnay, ce 21 juillet 1793.
» Sapinaud de la Verie.
» Il se fait un rassemblement demain à Gholet, » pour continuer à donner la chasse à tout ce qui » est dans ces parages, en deçà de la Loire. (2)
Ce bulletin est sans doute la dernière chose qu'écrivit M. de Sapinaud^ car il lui restait bien
(i) Les Représentants, à Tours, à leurs collègues à Niort 27 juillet 1793. {Pap, Goupilleau,)
(2) < A messieurs du conseil h Bouildroux. »
Pap. Goupilleau.)
peu de jours à vivre. La division Républicaine de Luçon allait se mettre en mouvement, Sandos ne la commandait plus ; après l'affaire du 28 juin, Biron l'avait fait destituer par les représentants établis à Niort, et il avait été remplacé par le général Tuncq, qui, dès son arrivée (5 juillet), reçut ainsi que Boulard quelques renforts et l'ordre de chercher à exécuter des diversions chacun de leur côté. Tuncq eut d'abord à lutter contre ses propres troupes, parmi lesquelles Sandos avait laissé relâcher tous les liens de la discipline (i), de sorte qu'il ne pût se mettre en marche que le 23. Le lendemain au soir, il partait de Sainte-Hermine avec un petit corps, composé de trois bataillons, deux escadrons et trois pièces de canon, pour venir surprendre les postes du pont Charron et de Chantonnay. Il avait partagé sa troupe en deux colonnes, dont Tune, aux ordres de l'adjudant général Canier, devait passer la rivière à un gué en amont du pont Charron, qu'il espérait ainsi prendre entre deux feux. Jamais les chefs Vendéens ne purent astreindre les paysans au service régulier des avants-postes, et force leur était de suppléer autant que possible personnellement à cette importante obligation du métier de la guerre.
(1) Voir les registres de la commune de Luçon, à diverses reprises et notamment à la délibération du 4 juillet, ainsi que les lettres de Tuncq, aux représentants près l'armée des côtes de la Rochelle, des 6, 19, 21 juillet.
Cette nuit même, Sapinaud était sorti de Ghantonnay avec une vingtaine d'hommes pour faire une reconnaissance du côté du gué, dont Ganier effectuait heureusement le passage. Dans un chemin encaissé, sinueux, les deux troupes se trouvèrent subitement flstce à £eu^ à une demi-portée de fusil; en un instant le feu des républicains eut dispersé le petit nombre de leurs ennemis. Sapinaud, qui marchait à la tête des siens, était tombé mortellement frappé de plusieurs baUes. Quatre paysans du bourg delà Verie, en tête desquels un filassier, nommé Guitton, se firent tuer sur la place plutôt que de l'abandonner ; noble dévouement, qui fait presque autant d'honneur à celui qui l'inspira qu'à ceux qui en furent les victimes.
Le lendemain, privés de leur général, attaqués en face et sur leur flanc gauche, les -Vendéens farent battus; mais Tuncq se borna, craignant un retour offensif de leur part avec des forces plus considérables, à détruire les retranchements du pont Charron ^t à enlever de Chantonnay les subsistances etîes munitions qu'il put y trouver. De part et d'autre les pertes avaient été faibles. Un des offîcîers de M. de Sapinaud donnait
en ces termes la nouvelle du combat à la Rochesur-Yon :
Monsieur,
» Jeudi 25, sur les deux heures du matin, Ten- » nemi se présenta au pont de saint Philbert » ainsi qu'au pont Ciharron. L'on soutint pendant » quelque temps Tattaque qui fut vigoureuse, mais » à la fin, nos gens qui gardaient ces postes n'é- » tant pas soutenus furent obligés de céder au D grand nombre, et nous nous repliâmes jusqu'à » Saint-Vîneent. L'ennemi ne fut pas plus d'une s> heure à Ghantonnay et n'eut le temps que de D s'emparer de quelques bœufs qui étaient à Tar- » mée et quelques meubles à différents particu- D^liers; ensuite. Use porta à la maison de M. » de Béjarry qu'il canonna, pilla et brûla. Nous » avons perdu dans ce combat, tant tués, pris ou » blessés, quarante personnes, Tennemi en a D perdu plus que nous. Malheureusement M. de » la Yerie, que nous aimions et estimions est » du nombre; M. Jouffîrion, sénéchal de Ba- 3» zoges, ainsi qu'un nommé Bernard, ont aussi » été victimes. Nous venons. Messieurs, d'appren- » dre une nouvelle plus satîs&isante ; un courrier, » arrivé à deux heures du matin à Mortagne, nous » a apporté la nouvelle que l'armée de M. de » Bonchamps, avait complètement battu l'eni> nemi à Tirtillère, toute leur artillerie a été prise » et ils ont été tous pour ainsi dire tués ou noyés. » C'est avec bien du plaisir que je vous fais savoir
» cette nouvelle et vous prie de me croire votre
» affectionné serviteur.
» Marin (1), »
Ce n'avait été qu'un coup de main; mais il avertissait que les renforts successifs qui avaient porté à une dizaine de mille hommes les forces de Luçon , et le nouveau général placé à leur tète^ étaient désormais une menace sérieuse pour Tannée du centre.
Débarrassé du côté de l'Anjou, d'Elbée renouvela deux fois, le 30 juillet et le 14 août, l'attaque infructueuse du 28 juin contre Luçon; chaque fois il fut battu et repoussé avec de grandes pertes. Gomme on Ta vu à la première afEedre de Fontenay, au combat de Martigné-Briant, et surtout dans ces plaines de Luçon , le paysan vendéen , fantassin et tirailleur admirable dans un pays couvert , ne résistait pas en ra$e campagne aux attaques de la cavalerie.
Mais nous n'avons pas à poursuivre le récit de ces nouveaux combats. Si le nom d'armée du centre subsiste encore, son action particulière est terminée, et son union avec la grande armée est consommée. D'autre part, le rôle de réserve qu'elle a joué jusqu'ici n'a plus sa raison d'être , car désormais il fallait que tout se levât à la fois pour soutenir une lutte dont les proportions toujours croissantes allaient atteindre leur damier terme.
(1) « A M. de Chouppes, commandant à la Roche-sur-Ton. > (Pap. GwpilUau.)
On oonnait le dénouement du drame dont nous n'avons résumé que les préludes, et comment cent mille soldats, en tête desquels cette garnison de Mayence, que l'Europe n'avait pu vaincre, plus un nombre incalculable d'bommes fournis par la levée en masse, furent jetés à la fois sur la Vendée, n fallait bien qu'elle succombât.
Une fois encore, au mois de septembre, elle brisa le cercle de fer et de feu qui l'entourait, et, dans un effort suprême, elle battit et repoussa jusqu'à sept corps d'armée l'envahissant de tous les côtés à la fois; mais en octobre elle fut vaincue, et quatre-vingt mille malheureux de tout âge et de tout sexe furent rejetés sur la rive droite de la Loire. Pendant deux mois, comme un sanglier
blessé à mort, cette multitude erra presque à Taventure^ renversant tous ceux qui rapprochaient pour lui porter le dernier coup, victorieuse dans vingt combats ou batailles, jusqu'à ce que enfin écrasant dans sa chute Tannée de Mayence, seule digne de la vaincre, épuisée par tant de travaux et de fatigues, décimée par les maladies et les combats, bilsée contre des murailles qu'elle n'avait plus la force de franchir et des masses incessanmient renouvelées, ses derniers débris vinrent tomber sous les murs de Savenay, le 23 décembre 1793.
La grande guerre était finie. Si l'on vit encore Gharette et StofQet, soutenir contre la République une guerre de partisans longue et acharnée, on ne peut l'expliquer que par le génie de ces deux hommes pour ce genre de guerre et par la politique qui fut appliquée dans nos malheureuses contrées, politique sans nom conune sans excuse, qui osa proclamiBr l'incendie et l'extermination, ses moyens de pacification (1).
(1) Les ordres officiels donnés en vertu de cette politique sont partout. On en trouve entre autres, la collection à peu près complète dans le « Rapport deHentz et Francastel sur leur mission près » l'armée de VOuest, imprimé par ordre de la Convention, en ven^ » démiaire an III de la République, « Citons un dernier document pour faire connaître comment ils étaient exécutés ; c'est en quelque sorte répitaphe de l'armée du centre.
» Fontenay-le-Peuple le 14 ventôse, l'an 2 de la Républiqu e » française une et indivisible.
» L'agent national de la Commission administrative provisoire
Plus heureux que ceux qui avaient survécu furent ceux qui tombèrent les armes à la main, avant ou pendant la campagne d'outre Loire, car ils n'ont point vu Texcès des malheurs de leur pays !
9 du district de Montaigu, siégeant proTisoirement à Ghantonnay, 9 département de la Vendée, aux Comités de salut public et de » sûreté générale.
» Citoyens représentants,
» Nous n'attendions que le moment favorable et que la route fût libre, pour partir de Ghantonnay, lieu où nous tenions provisoirement nos séances, et rentrer à Montaigu, chef-lieu do notre district.
» Pendant le court intervalle qui sépare le 10 de ce mois, dato de ma précédente lettre, et aujourd'hui, Ghantonnay a été incendié par ordre du général en chef Turreau. Dans la confusion qu'a causé ce brûlemcnt et faute de voitures, nous n'avons pu sauver qu'une partie des registres et des papiers qui composaient les archives de notre administration, deux de mes collègues et moi nous nous sommes repliés avec ces papiers sur Fontenay, auprès du département, où nous arrivons à l'instant, le troisième de nos collègues ne se trouve pas en ce moment réuni à nous.
» Je vous ai annoncé, citoyens représentants, par ma lettre du 30 pluviôse, l'état déplorable dans lequel est la totalité du territoire de notre malheureux district. Cet état ne fait qu'empirer, il est à son comble ; les communes absolument désorganisées ; les patriotes, car il y en avait un grand nombre de réfugiés sur le pays libre, pour éviter les fureurs des brigands qu'a attirées le brûlement de la majeure partie des centres de population par l'armée révolutionnaire, les patriotes obligés do fuir encore plus loin de leurs foyers en cendres ; le désert, la mort éclairés par les flammes, tels sont les tableaux lugubres qu'on y voit de toutes parts.
» En présence d'un pareil état de choses, il nous est impossible d'administrer le territoire de notre district, faute d'administrés, n ne nous reste d'autre parti à prendre que de demeurer à Fontenay, jusqu'à ce que le calme et la tranquillité soient revenus, que les routes soient libres pour nous rendre à notre poste, que les brigands ne l'interceptent plus et qu'on no soit
Dans ce nombre il faut compter presque tous les chefs de l'armée du centre, dont les noms se retrouvent épars dans nos notes. Sapinaud^ Baudry d'Asson, le père et le fils, Beaurepaire, Royrand, Verteuil, la Roche Saint-André, des Prez, Bulkeley. Marin de la Borderie, etc., etc., tombèrent à la tête de ces héroïques paysans qu'ils avaient accompagnés aux combats , qu'ils accompagnèrent à la mort.
Nous n'avons pas cherché à diminuer ni à exagérer la part d'influence qui leur revient dans les graves événements auxquels ils furent mêlés; c'est précisément pour en trouver la mesure que nous avons réuni tout ce qu'il a été possible de recueillir de l'un d'entre-eux. Faut-il accorder à cette influence une importance capable de faire supposer que ces hommes, appartenant pour la plupart à ce qu'on appelait le parti Constitutionnel, ont voulu et pu produire un mouvement semblable? Doit-on, au contraire, ne lui accorder qu'une importance aussi minime au point de vue politique, qu'elle est honorable pour eux au point
» plus exposé à y 6tre égorgé. Beaucoup de patriotes ont déjà » éprouvé ce sort, nous attendons du reste que vos instructions » nous indiquent ce que ùous avons à faire.
» Salut et fraternité
Graffard, agent nati(mal.
Coll. F. Grille, provenant des archives du Comité de salut public.
de vue personnel^ en admettant qu'elle s'est bornée à un dévouement sans réserve aux populations insurgées? À ceux gui parcourront ces notes, nous laissons le soin de juger si les £sdt8 dénués de commentaires suffisent pour résoudre facilement la question.
Pendant toute cette guerre, et combien de fois depuis, on a répété, pour entraîner des masses, plus promptes en vertu du caractère national à céder aux instincts de la passion qu'aux calculs de la réalité, qu'elle était la lutte de l'ancien et du nouveau régime. Nous ne croyons pas céder à un sentiment de même nature en disant que les faits donnent à cette assertion un éclatant démenti. Â nos yeux, c'était une question plusbaute qui s'agitait, question de tous les temps et de tous les régimes , la revendication des droits de la conscience contre les violences d'un pouvoir décidé à les opprimer. Inutile de répéter ici ce qui a été si bien dit par le Maître, qui a étudié avec autant d'impartialité que de profondeur les causes de la Révolution française. n suffit d'y renvoyer ceux qui n'auraient pas présent à la mémoire : « que l'objet fondamental et » final de la Révolution n'était pas, comme on l'a » cru, de détruire le pouvoir religieux et d'énerver » le pouvoir politique (1) » et « comment l'irré-
(4) L'ancien régime et la Révolution, par Alexis de Tocquevillet livre !•', chapitre IL
— «fi -
» iigion avait pu devenir une passion générale » et dominante chez les français du XVIII' siècle » et quelle sorte d'infiuence cela eut sur le carac- » 1ère do la Révolution (1). »
Lorsque la France, emportée par la , imaginaire de perdre l'égalité et par Ifl triotique que lui inspiraient les menaces d coalisée, souffrit la violation systématiqd plète de tous les principes qu'elle avait a 1789, de pauvres cultivateurs ont red violences et refusé de les souffrir. A ] sauvage de Danton s'écriant : de l'audaca^ dace et toujours de l'audace, ils ont rém un cri supérieur à toutes les raisons d pour parler plus exactement, par ce cri J sume toutes: justice, justice, justice ] S'il est évident aujourd'hui, pour quicJ pourvu de bon sens ou de bonne foi, des droits imprescriptibles que les mel peuvent en aucun état de cause dénier a rites, et quelalibertéde conscience est 1 de ces droits, il ne faut pas oublier .
quels sacrifices, au prix decombion de si vérité si simple a été acquise. Pour elle sont tombés ces héroiliues paysans qui ont préféré la mort à l'oppression de leurs consciences simples mais
(1) L'ancien régime et la RéniHmion, par Akxit de Tocqueville, livre III, chapitre II.
droites ; de tous ceux-là, la mémoire ne périra point, encore que les noms obscurs demeurent inconnus, car ils ont immortalisé celui du sol qui les avait vu naître.