‹ Le chevalier Falardeau [microforme]Chapitre 8 sur 11 · RAS · texte numérisé non relu

RAS

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1] ne manquait plus pour compléter le bonheur du Chevalier Falardeau que de revoir sa patrie, et de venir embrasser sa famille et ses amis.

Il a quitté Florence pour le Canada, le 23 avril dernier, et par une heureuse coïncidence, c’est le matin mème de notre féte nationale qu’il mettait pied à terre à Québec.

Ïci s'arrête notre tâche.

Nous ne dirons pas l’accueil chaleureux, les patriotiques encouragements qu’il a reçus parmi nous.

L’écho de la voix publique retentit encore à notre oreille.

Nous citerons seulement la char-

mante pièce de vers que lui a tail adressée notre jeune poète, L. H.

Fréchette. C’est une des plus

14 | heureuses inspirations de sa muse.

( Ainsi, des rives de l’Arno et des EN bords du Saint-Laurent, la peinture luf et la poésie canadiennes se sont

donné la main.

a) Quand l'aigle, fatigué de planer dans la nue,

474 À compté les soleils dans son vol triomphar,

Il revient se poser sur la montagne nue

Qui tressaille d’orgueil en voyant son enfant.

Il Peintre, tu nous reviens, comme en sa course À immense

HA L’aigle qui disparaît dans son sublime essor,

4 Puis retourne un instant au lieu de sa nais-

; sance,

Pour s’élancer eu ciel et disparaître encor.

* Arrivé tout à coup des shères immortelles

Où, sans craindre leur feu, tes pieds se sont posés, Tu resplendis encore et l'on voit sur tes ailes La poudre des soleils que ton vol a rasés.

%k Un jour, jeune inconnu, sentant dans ta poitrine Une ardente étincelle, une flamme divine Te mordre au cœur et te brûler, Tu dis: Exilons-nous! quittons ces froides plages !

11 me faut le soleil, la foudre et les nuages : Je suis aigle, je puis voler!

* Et tu partis... longtemps la foule indifférente N’avait, même des yeux, suivi ta course errante Dans l’immense espace de l'air, Quand, de ses mille voix, l'antique Renommée À ta patrie encore aimée

Jeta ton nom comme un éclair.

Enfin, après avoir médité le vieux monde, Tu reviens parmi nous sur les ailes de l’onde Tout brillant de gloire et d'honneur,

Et joyeux de pouvoir, après seize ans d’absence,

Revoir le lieu de ta naissance Dont l’aspect fait battre ton cœur.

Mais, entraîné par ton génie, O noble fiancé des arts, Demain ru quittes la Patrie Pour le vieux pays des Césars.

Tu retournes au champ fertile Où croît le laurier de Virgile, Où dort le luth d’Alighiéri.

Florence, la ville artistique, Réclame ton pinceau magique, Que ses grands maîtres ont müri.

Va ! quitte nos climats de neige !

Pour toi trop sombre est notre ciel ; Il te faut le ciel du Corrège,

Le ciel où vécut Raphaël ;

Il te faut le ciel d'Italie,

Ses bois tout remplis d'harmonie, Ses chants, ses vagues, ses zéphyrs.

Il te faut ses blondes campagnes,

Ses vals, ses fleuves, ses montagnes, Ses chefs-d'œuvre, ses souvenirs.

Poursuis ta mission divine, Illustre fils du Saint-Laurent, Et que la gloire t'illumine

De son rayon le plus brillant | Abandonne encor ta Patrie Puisque le laurier du génie

A couronné ton noble front !

Pars ! et nos rives étonnées En contemplant tes destinées Avec orgueil te nommeront |!

Au moment de dire adieu à nos lecteurs, nous allions commettre un impardonnable oubli, et manqueï à un devoir essentiel du biographe

‘ en omettant de tracer le portrait de notre héros. |

Le Chevalier Falardeau est de taille moyenne, d’une charpente un peu osseuse; et parait doué d’une

organisation que le travail et les

maladies, au lieu d’user, semblent avoir trempée comme l’acier. A l’é6nergie de ses traits, on voit qu’il est prèt à supporter encore longtemps les balafres de la fortune. Son menton un peu proéminent et le développement du bas de sa figure

accusent de la fermeté dans le caractère,

Son œil, légèrement enfoncé sous

l'orbite, est plein d’éclairs, et reflète

l’inteiligence et l'inspiration.

On dirait qu’un rayon du ciel.

éclatant de sa nouvelle patrie s’y repose encore. Sous le costume de son ordre, il a toute la désinvolture, tout le chic militaire du soldat français ; etil en a, en même temps, toute l’aisance et l’amabilité,

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