‹ Le chevalier RobertChapitre 17 sur 17 · XV. -LA. CONFRONTATION · texte numérisé non relu

XV. -LA. CONFRONTATION

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sur ses gardes; mais il s'était laissé gagner de vitesse par eux, c'est là ce qu'il ne se pardonnait pas. Et cependant quel moyen avait-il, dans son isolement et dans son ignorance du pays, d'échapper à une trame ourdie avec tant de secret, et une si profonde scélératesse? La force des choses l'avait livr^ à la merci de son ennemi, et placé dans la position la plus fausse et la plus irritante, celle d'un homme qui sait, qui voit qu'on lui tend un piège, et qui ne peut l'empêcher; comme la Cassandre grecque, il avait la conscience du danger, il le voyait venir, et il n'en était pas moins condamné à attendre l'événement. Mais enfin la Providence était venue à son aide sous la figure d'Agla ; il lui était doux de devoir son salut à l'amour.

Toutefois sa position vis-à-vis de M. de Dorpat ne laissait pas d'être meilleure que la veille, il le tenait maintenant par son complice, et les rôles étaient intervertis. Il songeait au moyen de tirer parti de l'aventure, lorsque le Russe parut luimême.

— J'ai voulu être le premier, lui dit-il, à vous féliciter, et j'espère n'avoir été prévenu par personne ; je me devais cela à moi-même, car je ne suis pas en paix avec ma conscience : quand mes collègues voulaient vous dissuader de venir habiter ce coupe-gorge, je vous ai encouragé dans votre résolution, et je traitais leurs crainlcs de chimère; je vois trop maintenant qu'elles étaient fondées, et je rends justice à ces messieurs; ils connaissent <c pays mieux que moi; je n'avais pas l'idée de ces

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aiïrcux Riffîiis. — Je suis louché de votre sollicitude, monsieur le consul, et je sais que depuis longtemps vous voulez bien vous occu[)er de moi, beaucoup plus que je ne le mérite. — J'espère, si vous le permettez, m'en occuper bien davantage encore; voici 00 que je vous propose : après ce qui vient de se passer, il est impossible que vous songiez à demeurer un jour de plus ici; venez chez moi, je vous oflre l'hospitalité et je vous prie de considérer ma maison comme la vôtre ; là du moins vous serez en sûreté. — Qui sait? — Oh ! quant ri cela, soyez sans craintes; les Riffins n'iront pas vous chercher jusque-là. — Les Riffîns ne sont pas les seuls ennemis que j'aie à redouter, ni les plus dangereux. — Soyez tranquille, nous ferons bonne garde. Vous acceptez, n'est-ce pas?— Mille grâces ! je ne saurais vous causer un si grand embarras. — Comment un embarras! dites un plaisir, et ne m'en privez pas. — Ce pourrait bien n'en pas être un pour tout le monde. — Je vous comprends; votre consul sera jaloux, et vous ne voulez pas le désobliger; mais considérez que vous avez été son hôte assez longtemps, et que chacun doit avoir son tour. Madame de Dorpat se joint à moi pour réclamer la préférence. C'est une chose arrangée, je vous enlève. — Un moment, monsieur, vous ne me tenez pas encore; je crains que vous n'ayez vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué.— Kn elTct, j'ai promis à ma femme de vous ramener, elle y compte, et vous n>' voudriez pas me faire manquer à ma parole. — Pardonnez-moi, monsieur, vous y manquerez, car

je compte ne point quitter le jardin d'Amérique. Mais puisque j'ai l'honneur de vous voir, j'en vais profiler pour vous demander quelques renseignements sur une affaire qui nous intéresse tous les deux. — A vos ordres, monsieur le chevalier; parlez.

— Connaissez-vous Benchimol? — lien.... comment dites-vous? — Je dis lienchimol, mon interprète.

— Ah ! votre interprète; j'ignorais qu'il s'appelât ainsi, et c'est la première fois que je l'entends nommer. Je ne le connais que pour l'avoir rencontre avec vous.

— Vous ne le connaissiez pas avant? — Non. — Eh bien! vous allez faire connaissance avec lui.

Robert alla ouvrir la porte du cabinet où était enfermé son prisonnier, et le ramena avec lui. M. de Dorpal subit la confrontation sans sourciller; il toisa le juif de la tète aux pieds avec un sang-froid imperturbable, comme un homme qu'on regarde pour la première fois, et se tournant tranquillement du coté de Robert : Avez-vous à vous plaindre de cet homme? lui demanda-t-il d'un air négligent. — Benchimol, dit Robert sans répondre au consul, monsieur dit qu'il ne te cominit pas. Tu m'as donc menti? — Oue signifie ceci? demanda M. de Dorpat d'un ton blessé; quel intérêt ce juif peut-il avoir à être connu de moi?

Benchimol reprit un peu de courage en se voyant renier si impinlemmenl; il essaya de jotier au plus (in ; il prélendil que la peur lui avait fait dire tout ce qu'on avait voulu; qu'il n'avait jamais eu de relations avec le consul de Russie; qu'il n'avait pas Thon-

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ncur d'être connu de lui , et qu'il était innocent lui-même de tout ce dont il s'était accusé dans un moment de saisissement et d'cITroi.

— Puisqu'il en est ainsi, reprit Robert, je vais porter ma plainte au kaïd , et la justice aura son cours : ce sera à elle et plus à moi que tu auras affaire. Je produirai mes témoins, lu sais toi-même qu'ils sont bien instruits, et nous verrons comment lu leur réporjdras.

Pris dans ce terrible dilemme, Bcnchimol perdit l'assurance qu'il avait voulu se dor)ncr, et retomba dans sa servile humilité; il sentait son cas mauvais; car il avait l'cspritassezcempréhensilet assez retors pour apprécier nettement sa position. Il ignorait quels témoins Robert avait sous la main; mais ce qu'il n'ignorait pas, c'est qu'ils étaient effrayammcnt bien informés, et il ne voyait pas la possibilité de lutter contre des témoignages aussi accablants. S'il avait su que ces témoins mystérieux n'étaient autres qu'Agla, il eût tremblé bien davantage, car les santons des deux sexes sont l'horreur des juifs; un mol d'eux suttît pour les faire condamner en justice et massacrer dans la rue. Dans tous les cas, Renchimol se trouverait sans garantie, sans protection devant un tribunal fort prévenu d'avance, et dont il avait plus d'une fois éprouvé la partialité. Accusé par Robert, chargé par ses redoutables témoins, il ne serait défendu par personne, et son arrêt serait bientôt prononcé. C.'esl en vain qu'il voudrait alors se réclamer de M. de Dorpat, le consul de Russie le renierait comme il

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venait de le faire, et avec bien plus (Je force encore; car, prendre l'accusé sous son patronage serait avouer sa connivence avec lui; bien loin donc de travailler à le tirer d'affaire, le Russe se tiendrait pour trop heureux de voir et faire au besoin disparaître en lui un complice incommode. Aucune de ces considérations n'échappa à Benchimol; elles se pressaient toutes à la fois dans son esprit, et lui firent abandonner son système de défense : le moins périlleux, sinon le plus sur, était d'être véridique; il revint donc à ses premiers aveux, et persévéra dans la vérité par intérêt. Recommençant sa confession de la nuit, il répéta devant M. de Dorpat tout ce qu'il avait dit en son absence, et se porta son accusateur en règle; il rejeta sur lui tout le crime; il n'avait été, lui, qu'un instrument aveugle et passif; il n'avait contre le chevalier Robert aucun motif d'inimitié ; il ne l'avait jamais vu; il n'était entré à son service qu'à l'instigation du consul de Russie, et pour servir des projets qu'il ignorait profondénient ; en un mot, il chargea tellement son complice, il entra dans des détails si minutieux, et rappela des circonstances si particulières, si nombreuses, si écrasantes, qu'il y avait de quoi décontenancer en cour d'assises le plus effronté coquin. Mais Dorpat ne se laissa pas désarçoimer ; il écouta en silence et sans changer de visage le foudroyant réquisitoire deson co-prévenu,clquand il eut (lui : t-et homme est fou. dit-il froidement, «lu c'est un misérable (jui veut me tirer de l'argent; je m'étonne, nîonsieur le chevalier, que vous pré-

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liez roreille à de pareils rêves; tout ce bel échafaudage s'écroule devant ce simple a<lage de droit : Celui-là a fait le crime à qui il sert; or, je vous le demande, quel intérêt puis-jc avoir à vous enlever?

Robert sentit la portée de celte artificieuse interrogation ; elle le plaçait dans ralternative de se compromettre lui-môme, ou de passer pour un homme crédule jusqu'à l'absurdité. Il s'aperçut aussi que le Russe voulait mettre les formes de son côté, et qu'il avait sur lui les avantages de la ruse et de la dissimulation; il essaya de garder son sangfroid, mais il était pâle de colère, et ses lèvres, deve nues blanches, tremblaient convulsivement.

— J'ignore, répondit-il d'une voix basse et altérée, quel intérêt vous pouvez avoir à me nuire; mais ce que je sais, c'est que cet homme a djt la vérité. L'imagination la plus ténébreuse ne saurait inventer un si noir tissu d'iniquité. — Je suis flatté, monsieur, de la préférence que vous donnez à ce misérable; j'avais cru, jusqu'à ce jour, que ma parole valait celle d'un juif ; je vois bien cfue je vivais à cet égard dans ut\o illusion , et je voug remercie de m'en avoir averti; je profiterai de l.i leçon pour l'averur. — Ah! monsieur, s'écria Robert en saisissant le bras de Dorpat, ne faites pas de l'ironie; je ne suis pas d'humeur à la supporter. — Kl vous, monsieur, veuillez ne pas faire de violence, car je hais les scènes, et je n'étais pas préparé à celle-ci. — Pourtant vous deviez la prévoir en vous risquant ici, et être prêt à tout. Votre em[»resse-

ment à venir le premier m'offrir vos félicitations hypocrites prouve assez vos inquiétudes; votre coup manque, vous espériez me faire prendre le change à force d'audace, et éloigner de vous les soupçons; mais pour cela il vous aurait fallu choisir des complices plus sûrs et moiris lâches; vous vous clés pris vous-même au piège que vous m'aviez tendu. — Permettez-moi, monsieur, dit Dorpat en se levant pour partir, d'abréger un entrelien qui commence à devenir embarrassant pour tous les deux, et auquel je ne comprends plus rien. Si vous croyez avoir à vous plaindre de moi, accusez-moi publiquement, et l'on me fera mon procès. — Eh ! qui voulez-vous qui le fasse? Sans doute que partout ailleurs la justice me donnerait raison de vous et de votre infâme guet-apens; mais ici à qui porter plainte? — Je conviens que le cas peut être délicat, mais ce n'est pas ma faute à moi si je ne suis justiciable ici de personne, et si ma qualité de consul me place malgré moi sous la sauvegarde du droit des gens. — Vous et vos pareils vous appelez droit des gens le privilège odieux de l'impunité; mais ne vous y fiez pas trop, le droit élernel de la justice domine tous les autres; il parle d'autant plus haut qu'il est moins écoulé, et son oubli prépare son triomphe.

-^ Vous avez l'air de me menacer.— Oui, je vous menace; vous m'avez déclaré la guerre, il faut bien que je l'accepte, et je la soutiendrai par tous les moyens qui sont en mon pouvoir : à défaut d'une justice régulière, je saurai, quand il le faudra,

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exercer des représailles que nos positions respectives rendent légitimes et nécessaires. — Voyons, dit M. de Dorpat, intimidé, causons sans nous fâcher ; vous me faites-là, convenez-en, une scène qui n'a pas le sens commun : ce n'est pas ainsi que l'on agit entre gens du monde, et vous manquez à tous les usages, à toutes les convenances. 11 est heureux qu'on ne nous entende pas, car nous serions ridicules.—Ridicules! ah ! vous appelez cela ridicule? Mais au fait vous avez raison, je suis ridicule de perdre mes paroles avec un homme de votre sorte; je voulais éviter les explications, mais l'indignation a été plus forte que moi, et m'a emporté plus loin que je ne voulais aller. Que m'importe après tout? Aux termes où nous en sommes venus, et après ce qui s'est passé, je n'ai plus de ménagements «i garder avec vous; quoi que je dise, et quoi que je fasse, vous n'en serez ni plus ni moins nmn ennemi, et je dois ni'attendre à tout de votre part. — J'entreprendrais en vain de combattre des préventions si obstinées; je vois bien qu'on vous a nionté la tête contre moi, et dans l'état d'exaltation où vous êtes, je perdrais mon temps à vouloir vous ramener.— Vous faites bien de ne pas le tenter, car vous échoueriez; vos dénégations ne signifient rien ; vous n'avez pas le droit d'être cru sur parole. — Monsieur!... — Eh! croyez-vous donc que j'ignore qui vous êtes? interrompit Uobert avec inipéluosité. Allez, je coimais vos antécédents ; vous n'êtes qu'un consul de raccroc, et vousfaitesici, comme... «lilleurs, votre métier d'homme de police el d*a-

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gent provocateur. — Un pareil affront... — Que parlez-vous d'arfronl? On ne fait pas d'affronts aux gens de votre espèce, et ils n'ont le droit de s'offenser de rien. D'ailleurs de quoi vous plaignez-vous? Je vous désigne par votre qualité, tant pis pour ceux qui en ont une dont l'énoncé seul est une injure. Si le bourreau se blesse quand on l'appelle bourreau, à qui la faute? Vous voyez bien que je vous sais par cœur, et que je ne suis pas dupe des grands airs que vous affectez ni du bon ton dofit vous vous piquez. Vous êtes bien l'homme de votre pays, le véritable Moscovite, un fruit pourri avant d'être mûr, un barbare passé à la détrempe et enduit d'une mauvaise couche de civilisation ; encore n'avez-vous des barbares que la ruse, vous n'en avez pas l'audace; mais on vous pénètre au premier coup d'œil; vous avez beau vous faire le champion des usages et des convenances, toutes ces formes mielleuses ne sont qu'un masque, et il vous cache si mal qu'on vous lit derrière, l'espion se fait jour à travers l'homme du monde, cl perce chez vous par tous les pores. — L'espion î moi, un espion? — Oui, vous; vous en portez la tache indélébile au front. Eussiez-vous des millions de rente, fussiczvous ambassadeur ou prince, vous seriez encore un espion, vous ne serez jamais qu'un espion, et tout le monde vous lient pour ce que vous êtes. Car enfin, continua-t-il de plus en plus exaspéré, il faut qu'une fois je vous dise ce que j'ai sur le cœur; ce s^^'ra du moins un soulagement; et si je ne me conlenais, je vous briserais là, sous mes pieds, comme

le plus vil inslrumenl de la lyraniiic la plus irifànic cl la plus sanglante. — Ilenchiniol !... s'écria le Russe elîrayé.

Et se tournant vers le juif d'un air de connaissance, il l'appelait à son secours d'un ton suppliant.

— Ah! vous le reconnaissez niainlcnant que vous avez besoin de lui, reprit Robert avec un sourire de dédain, et son nom vous revient en mémoire; mais n'espérez pas qu'il vienne à votre aide; je suis sûr qu'en ce njomenl ce juif vous regarde en pitié; pour moi, je vous méprise plus que lui, car c'est vous qui l'avez séduit et corrompu. Au lieu d'apporter chez les barbares les vertus de l'Europe, vous leur en apportez tous les vices : c'est là nn sacrilège, une impiété; et n'eussiez-vous éommis que ce crime, vous mériteriez un châtiment qui servît d'exemple à vos pareils. Je sais bien que ce sont là des scrupules qui vous font rire, mais vous ne triompherez pas toujours dans votre impunité; un jour viendra, j'en ai l'espoir, où le vent du ciel vous balaiera, vous et vos souillures, cl où la justice de Dieu passera sur vous. — A moins de me tuer, dit I)or|)at en faisant elîort sur luimême pour rie pas paraître trop effrayé, je ne vois pas ce que vous pouvez avoir encore à me dire; il me semble que vous avez épuisé l'insulte. — Rassurez-vous, répondit Robert avec plus de calme, je ne veux point vous tuer, quoique le soin de ma conservalion l'exigeât peut-cire, et que j'en aie le droit, puisque vous m'avez placé dans le cas de légitime défense; maisje veux bien, pour le moment,

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abandonner mon droit, sauf à en user plus lard. Je n'ajouterai rien non plus à ce que l'indignation m'a dicté, j'en aurais trop à dire; qu'il vous suffise de savoir que votre mine est évenlce, et que vous êtes démasqué. La partie n'est pas égale entre nous, je le sais; vous jouissez ici de privilèges que je n'ai point, mais votre inviolabilité même rétablit l'équilibre entre nous, et nous replace l'un vis-à-vis de l'autre sur le terrain du droit naturel; or, vous savez aussi bien que moi ce qu'il tolère et autorise, et j'ai en mon pouvoir plus de moyens que vous ne croyez. Quoi qu'il arrive vous n'aurez à vous plaindre que de vous-même ; c'est vous qui avez engage la lutte et commencé les hostilités, soyez donc prêt à en accepter toutes les conséquences. Je vivais ici comme un voyageur paisible et inoffensif; je ikî songeais point à vous; c'est vous qui êtes venu me chercher dans ma retraite; prenez garde d'avoir réveillé le lion; vous ne connaissez pas l'homme auquel vous avez affaire , et vous vous êtes aventuré dans un défilé d'où vous ne sortirez pas avec honneur. Je n'ai point l'humeur aggressive, mais malheur à qui m'attaque! Je veux bien ignorer les motifs de votre provocation et la récompense que vous en espériez; il y a là-dessous quelque honteux mystère où je ne veux pas descendre, mais songez que les rôles sont désormais changés; vous avez cru que j'étais à votre merci, c'est vous maintenant qui êtes à la mienne; je garde votre complice en otage, et il me répondra de vous; à la première démarche équivoque de votre part, je produirai son

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lémoigringc au grand jour, cl j'agirai en conséquence; je suis sur mes gardes et j'ai l'œil sur vous, Icnez-vous pour averti. A ces conditions je vous rends la liberté.

Dorpal ne se le fit pas dire deux fois; il repartit immédiatement pour Tanger, et ne se vanta à personne de sa visite ou du moins de l'accueil qu'il avait reçu. Sa femme seule eut ses confidences et l'assista dans ses projets de vengeance.

(^)uant à Robert, il sentait que sa position, pour être meilleure vis-à-vis de Uorpat, n'en restait pas moins la même vis-à-vis des autres consuls; il espérait seulement avoir intimidé son ennemi le plus ardent, le plus actif, et avoir gagr»é encore un peu de temps : c'est tout ce qu'il voulait et pouvait vouloir.

Le Ilusse parti, il remit lîencliimol sous les verrous, et le consigna sévèrement à sou valet.

Hy DU rOMK lliKMIKU.

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