‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 142 sur 143 · MADAME DE R^NAT · texte numérisé non relu

MADAME DE R^NAT

Ah! VOUS étiez contenu? Vous n'aimiez pas? Ah! vous étiez fier I Vous n'aimiez pas I

RAOUL

Mais laissez-moi donc...

MADAME DE RÉNAT

Ah ! vous voulez oublier ! Ah ! vous en épousez d'autres? Ah! vous n'aimez plus? Vous n'aimiez pas! vous n'aimiez pas! vous n'aimiez pasi

RAOUL, indigné.

Je n'aimais pas !

SGËNS NEUVIÈME 63

MADAME DE RÉNAT, de même. .

Nonl non ! non 1 et je vous défie...

RAOUL, tout à fait en colère.

Vous me défiez! Ah 1 vous me défiez 1 Eh bien, je vous aime encore.

MADAME DE RENAN, de même.

Vous!

RAOUL, de même.

Oui, je VOUS aime encore, ah 1 1 et je vous ai toujours aimée, et je n'ai jamais aimé que vous, s*il faut vous le dire.

MADAME DB RÉNAT, de même.

Vous osezl...

RAOUL, de même*

Oui, j'ose! oui, j'ose l

MADAME DE RÉNAT.

Mais quel homme étes-vous donc?

RAOUL

Et pas seulement aimée, entendez-vous, adorée! Ji vous dis que vous n'y entendez rien, mais rien!... Tenez! vous ne connaissez pas les hommes! Il n'y en a pas tm, c'est moi qui vous le dis, pas un, si sceptique, si railleur, si pcw sérieitx qu'il vous semble, pas un qui ne cache dans le repli le plus profond de son cœur, son fétiche, son idole, sa sainte ! C'est une femme, ou plutôt l'image d'une femme, une mère, une sœur, une amie, une inconnue même; un être idéal et charmant, fait d'un souvenir ou d'un rêve, impossible si vous voulez, mais le seul auquel il croit, le seul qui ait toutes les vénérations, toutes les ardeurs, toutes les superstitions de sa foi absolue et solitaire. Et tellement

au-dessus des autres femmes que rien ne l'atteint des erreurs et des souillures humaines^ et que rien ni personne ne peut la faire descendre de ce cœur où elle reste éternellement pure, rayonnante ^t cdcbëe.*. Eh bien! vous avez été ma sainte, yousI

HADIME DE RIÎNÀT, étonnéat

Maïs... Raoul?

RAOUL, avec une eol^ro de pla9 en plai attendrie.

Et VOUS êtes en moi et vous j resterez, et toujours, oui, pour mon malheur. Ohl je ne veux pas dire que j'en mourrai, parbleu 1 que je me brûlerai la cervelle 1 ce sont les gens sérieux qui disent cela, les gens qui aiment ! les poètes I Mais moi qui ne suis pas sérieux, moi qui n'aime pas, moi qui suis un être prosaïque et vulgaire, eh bien, je vivrai, je parlerai d*autre chose» je me marierai et j'aurai beaucoup d'enfants 1... Oui... oui... seulement... seulement... (sa toIz m briae.) Ahl ma tante, vous avez été dure pour moi, allez I

MADÀMB DE EtNÀT, émoa.

Mais... je ne... G*est pour rire, n'est-ce pas?

RAOUIi.

Pour rire? (n loi prend U main qu'il porta à son tisaf**

Tiens ! mes yeux)

MADAME DE RÉNAT*

Raoul l

RAOUXh

Ah! chère femme!

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