‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 19 sur 143 · B MM A · texte numérisé non relu

B MM A

Répondez. Ja suis veuve et vous m*aimez'/

GEORGES, étonné.

Mais...

EMMA

hhl Oui ou non?

GEORGES, tonjonra étonné.

Oui, certes.

EMMA, menaçante, loi tendant la main

Eh bien, monsieur, je vous donne ma main.

GEORGES, ivre de joie, le précipite «ar cette main qu'il couTre

dé baisers fous.

Emma! est-il possible! votre main! Dieu! oh! Dieu!

EMMA, le regardant faire avec stupéfiiction.

Monsieur!... monsieur! qu'est-ce que? Eh bien!

GEORGES

Votre mari, moi! mais c^est à devenir fou de joie! Emma!

EMMA, arec stupéfaction.

Emma!

GEORGES

Vous m'aimiez donc aussi! Ah! vous aviez lu dans ma pensée, et depuis longtemps, n'est-ce pas? vous l'aviez percé à jour, mon pauvre secret ? et vous qui me laissiez là tout à rheure souffrir et balbutier, sans m'aider même d'un regard... i^hl les femmes! l'amour pour elles n'est qu'un éternel joujou! Elles sont sans pitié, comme l'enfance ! Mon, ce n'est pas vrai ! non, ne m'écoutez pas, je ne sais plus ce que je dis... je ne sais plus... je vous adore!

U L AUTRK MOTIF.

EMMA, qui s'est însengibleii'Snt éloignée* d« \xv avec une sorte de terrear, se réfugie derrière un CAoapé, oi tendant le Liras vers lui et du ton d^

l'acciisation.

Monsieur de Pienne!

GEORGES, étooaé et faisant un pas Ters elle.

Qu'est-ce donc? qu'avez- vous?

E M H A , se reculant.

N'approchez pas! monsieur de Pienne! votre sœur u parlé !

GEORGES

M'd sœur... mais...

EMMA

Oui, tout à l'heure... Oh! ne fût-ce que par un mot, par un geste, par un signe! J'ignore comment, mais elle vous a tout fait comprendre, vous savez tout!

GEORGES, de plus en plus étonné et allant à eUe;

Mais, madame...

EMMA, se reculant toujours.

N'approchez pas! niez donc que c'est d'elle, de Claire, de votre sœur, que vous tenez mon histoire de veuvage.

GEORGES

De ma sœur?... mais je l'avoue.

EMMA, h part.

Eh bien I 11 est franc. (Haut.) Ah ! vous l'avouez! et instruit par elle, prémuni de la sorte, avançant à coup sûr, vous êtes venu... vous avez osé... Ah çà, monsieur, savez-vous que le jeu l'st impertinent et (jue voilà une heure que vous m'insultez!

GEORGES

Et moi, madame, je dis que le jvîu est cruel et que vous

SCÈNK VII. î3

me raillez depuis une heure! Quoi! lors |ue je vous offre de passer ma vie av«c vous... Mais où donc est l'insulte?

EMMA, stupéfaite.

Où donc? (A part.) 11 est tout simplement cynique.

GEORGES

Kt pardonnez-moi de vous le dii'(3, quand vous me repoussez ainsi, un pareil refus n'est digne ni de moi, ni de vous.

EMU A , à elle-mt^.ne.

Ahf par exemple, non! non! celui-ci n'est pas comme l.^s autres... En vérité, c'est à croire que... (a Georges.) Voyons! voyons I vous avouez bien que vous avez vu votre sœur.

GEO.^GES, avec dépit.

Mais oui, madame, je l'ai vue, et vous aussi vous l'avez vue.

EMMA

Et elle vous a bien dft?...

GEORGES

Et elle vous Ta bten dit aussi.

E M MA

Mais enfin quoi?

GEORGES

L^e tous êtes veuve,

EMMA, surprise.

Je suis veuve! dites donc qu'elle vous a dit que je ue le suis pas.

GEORGES, Borpria aussi.

Vous n'êtes pas veuve ! Dites donc qu'elle vient de vous dire que vous Têtes.

EMMA, s'aDimaat.

Hais elle ne m'a pas dit que je suis veuve.

GEORGES, s'animant w»f

Mais elle ne m'a pas dit que vous ûe Têtes pas!

EMMA, aa paroxysme de l'animation.

Eh! monsieur, pourquoi dites-vous qu'elle m'a dit que je suis veuve, quand vous venez de me dire qu'elle vous a air que Je ne le suis pas.

GEORGES, même Jea.

Eh ! madame, pourquoi me dites- vous qu*elle m*a dit que vous n'êtes pas veuve et ne me dites-vous pas queale vous ft dit que vous l'êtes?

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