SCÈNE IX
rien, il meurt de rien. Viens I laissons là M. de Nohant. Pulchérie lui dira que ton mari t'a emmenée, et il n'en sera plus question.
JEANNE
Tu le crois lâche aussi ?
MADAME GASTELLI.
Oh ! lâche ! On a toujours peur d'un mari. Du reste, tu vois, il ne se presse guère... J'ai idée que ce voyage... en panier...
parce temps... (Tonnerre.)
JEANNE, haussant les épaules.
A cause du tonnerre, n'est-ce pas ?
MADAME GASTELLI.
Oh!... le tonnerre, les éclairs, la tempête!... Non 1 non I à cause du rhume... Allons viens!... Viens!... Ah çà, mais tu comprends bien que je ne vais pas te laisser ici ?... ce n'est pas possible... Je l^aime trop!... Jeanne, ma petite Jeanne, je t'en prie, je t'en supplie, tu vas me faire pleurer, tu sais... et avec cela cet orage qui m'énerve... Je vais pleurer bien sûr, et je suis si laide quand je pleure... Voyons, regarde-moi, écoutemoi, crois-moi... Ton honneur pour ce bonheur, mais c'est la proie pour l'ombre... Ta maladie vau{ mieux que ton remède... On ne sort d'un devoir que pour entrer dans un repentir. (Jeanne sourit.) Eh bien, oui, oui, co sont des lieux communs, des banalités... mais c'est vrai, je te jure que c'est vrai !... il n'y a que cela de vrai!... Jeanne ! mon amie, ma sœur, ma chère Jeanne... (Brusquement.) Ah! c'est ainsi... C'est bien, je
reste!... (sue s'assied.)
JEANNE
Reste !
MADAME GASTELLI.
Et je l'attends.
JEANNE
Attends.
MADAME GASTELLI.
Et je lui parlerai, moi, et nous allons voir.
JEANNE
Le voilà I