SCÈNE X. M
MADAME GASTELLI.
En ce momenf, oui, mais vous vous rattraperez. (KoaTemeot de Louis.) AJIoDS, aHons, vous vous rattraperez,
LOUIS
Venez, Jeanne.
MADAME GASTELLI, se mettant derant lai.
Monsieur de Nobant I Mon eslime, il me semble, vaut bien que vous vous défendiez.
LOUIS, redescendant.
Madame...
MADAME GASTELLI.
Vous dites que vous êtes un honnête homme, et qu'est-ce que vous lui apportez pour ce qu'elle vous apporte? Elle donne tout, elle: sa beauté, sa jeunesse, son honneur, sa fortune...
LOUIS
Gomment, sa fortune?
MADAME GASTELLI.
Ah çà , croyez-vous que votre fugue va rester secrète? Et alors quelle jolie séparation M. de Thiais va faire prononcer à son pro6t! Et s'il vous savait ici !... Quatre hommes et un caporal, vite! Un flagrant délit! Gomme ma blanchisseuse la semaine dernière... tu sais avec le boulanger... la femme Lambert, que son mari a fait appréhender par les gendarmes dans le village... lu te le rappelles bien!... Mais c'est^-dire qu'il est peut-être déjà en route I Mais vous exaucez son vœu le plus cher! G^est pour le coup qu'il tient la dotl
JEANNE
Eh! qu'il la garde!
MADAME GASTELLI, à Jeanne.
Je te dis que je ne te parle pas ! (a louIs. ) Donc, beauté, jeunesse, honneur, argent, voilà ce qu^elIe vous sacrifie, et vous? Qu'est-ce quo vous lui sacrifiez, vous ? Votre jeunesse, votre beauté... votre situation, troisième secrétaire à Berne, est-ce
bien \xn sacrifice? Et quant à votre honneur, vous voilà posé... Gela pose un homme, ces choses-là 1
LOUIS, indigné.
Ces choses-là, madame !...
HADAHB CASTELLI.
Mais rien, mais rien, vous n*apportez rien, vous ne risquez rien! Pas même la vie! (Hourement de Louis.) Oui, ohl je ne doute pas de votre bravoure I Mais M. de Thiais n^est pas un mari à pistolet, c'est un mari à commissaire... Ainsi rienl rient... Elle apporte tout, vous n'apportez rien... Je vous refais ma question: Monsieur de Nohant êtes -vous un honnête homme ?
LOUIS
Et moi, je vous refais ma réponse : Oui, Madame. Je ne vous dirai pas que je Taime....
MADAME CASTELLI, plaintirement.
Oh ! non, n'est-ce pas ?
LOUIS, grayement.
Vous me demandez ce que je ferai d'elle?...
MADAME CASTELLI, lai coupant la parole.
Je ne vous le demande pas. Je vous le dis.
LOUIS
J*en ferai ma femme.
MADAME CASTELLI, appuyant areo force.
Âh! bien... Votre... ah! bien... et dans quel pays?
LOUIS
Oui, ma femme, la compagne adorée de ma vie, c'est-à-diro son respect, son but, son orgueil, sa joie ! Elle trouvera en moi, je ne dis pas l'amour, puisque ce mot offense votre scepticisme, mais restime tendre, la confiance entière, le dévouement absolu! Ce qui fait seulement qu'un homme est l'époux d'une