SCÈNE X
femme, et non son geôlier autorisé, ou son amant légitime.. •
partons, Jeanne I (Tonnerre.)
MADAME CASTELLI
Drum! Mais c'est qu'il est sincère, le misérable I Mais c'est le dernier des Yalmont! Mon Dieu! mon Dieu! qu'il n'y en ait qu'un comme cela en France, et que ce soit précisément... (L'arrêtant.) Voyons, voyons! je vou8crois...je crois à la sincérité de votre erreur... Vous êtes un bon jeune homme... comme diplomate, par exemple... Enfin on pourra vous remplacer. Mais, si jeune que vous soyez, vous ne pouvez pas ignorer comment cela finit toujours, fatalement! Ce n'est pas la première fois que vous aimez, enfin?
LOUIS, arec intention.
Que j'aime... (Fermement.) Si, madame I
JEANNE
Louis... ah! Louis, si vous saviez comme je suis heureuse et fière... Heureuse de ce que vous dites! fière de ce que vous faites.
MADAME CASTELLI
Allons, à l'autre, maintenant 1
LOUIS
Jeanne! chère Jeanne!
MADAME CASTELLI
Et lui... c'est cela! Ils sont fous tous les deux.
JEANNE, à Louis.
Il faut lui pardonner, mon ami. Elle a été malheureuse, elle aussi, et elle n'a pas trouvé comme moi... -
MADAME CASTELLI, arec une indignation comique.
Comment je n^ai pas... mais si, mais parfaitement! j'ai rouvé! Elle est superbe! et très-souvent encore; seulement, noi, quand cela m'arrive, je ne crois pas que c'est arrivé.
LOUIS
Je vous plains, madame!
MADAME GASTBLLI.
ÂUonsI bien!... le voilà qui me pldint et elle qui me pardonne! Ils me méprisent, ils m'énerventl... (Éclairs et tonnerre.) Et pendant ce temps-Ià, bruml bruml Tenez, la voilà, votre passion : c'est cette absurde tempête avec son tonnerre qui assourdit, ses éclairs qui aveuglent, son vent qui saccage, tout ce brouhaha sonore, slupide et malfaisant qu'une petite pluie va éteindre et dont il ne restera rien, rien que de la boue et des feuilles mortes 1 En vérité, je vous le dis... (vonuant u fenêtre.) prenez garde à la pluie, à la petite pluie.
LOUIS, arec Téhémenco.
Plus qu'un mot! Si j'avais sur l'avenir de notre amour un doute aussi humiliant, si je le sentais périssable un instant, ne fût-ce qu'un instant, quelle que fût la douleur de cet arrachement, je romprais sans hésiter, je vous le jure ! Et maintenant venez, Jeanne, venez! Il est temps!
MADAME GASTELLI.
Attendez I C'est moi qui vous cède la place. Donc, rien de ce que je vous ai dit ne vous touche 1 A mes raisons, vous répondez par des raisonnements, à mes preuves par des phrases... par une phrase I Vous vous aimez I et voilà tout 1 Et vous croyez que je vais vous laisser faire? Ah ! vous bravez la vie! Ah ! vous niez la prose ! Ah ! vous vous évadez de chez moi, et dans ma voiture encore ! Ah ! vous ne voulez pas être sauvés ! Eh bien, je vous sauverai malgré vous! Et attendez-vous à tout! vous entendez ? à tout 1 Tant pis 1 si mal que soit ce que je vais faire, tout vaut mieux que ce que vous feriez... Ah levons habitez un rêve, eh bien, vous verrez si c'est logeable I (a jeame.) Une fois I deux fois, tu ne veux pas me suivre ?
JEANNE
Oh ! cela, jamais !