‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 62 sur 143 · SCENE CINQUIÈME U · texte numérisé non relu

SCENE CINQUIÈME U

vous perdez, mon frère I Noo, ma sœur, je me retrouve. On ne vous voit jamais dans mon salon, mon frère. Rarement, ma sœur, c'est tout ce que je peux faire pour lui. aTu ae connais pas le salon de ma sœur, toi î Politique et littéraire et hebdomadaire aussi, s'ouvrant le vendredi, un jour maigre! Tous les hommes sont chauves , toutes les femmes sont vieilles,' à part deux ou trois qui portent des robes montantes couleur carmélite pour se faire pardonner. Et les traquenards, mon cher, elles sont pleines d'embûches, ces vertus-là. Et tiens, Tautre soir... il y a une amie de ma sœur qui est fort dévote et qui veut me convertir, moi aussi... L'autre soir... une jeune, bien entendu, et très-jolie. Elle a une robe carmélite, il est vrai, mais elle est très-jolie. L'autre soir, nous causions ensemble... nous causons souvent ensemble... j'essayais de lui prouver théologalement qu'il n'y a pas qu'une passion qui soit un article de foi, que l'espérance est une vertu qu'on ne peut, sans pécher, ravir au pécheur, et que l'amour est la charité du cœur. J'étais éloquent, elle était émue, cela allait très-bien, je t'assure qu'elle était émue. Tout à coup son mari vient à nous, elle se lève et m'insinue un petit papier dans la main avec un sourire, oh ! mais un sourire qui glisse silencieusement sur ses lèvres comme dans ses anneaux glisse un verrou doré. Je prends mon temps, j'e m'esquive avec mon trésor, et dans un salon écarté, le cœur palpitant, la main tremblante, j'ouvre le papier mystérieux « Loterie pour les pauvres, » vingt francs 1

PAUL

Gaston 1 veux- tu me rendre un grand service ?

GASTON, boatonnant son habit et se reoolant.

Ah çà I dis donc 1 toi aussi ?

PAUL

Eh! non, il ne s'agit pas d'argent, sois donc sérieux pendant dix minutes. Voyons, donne-moi dix minutes.

GASTON, déboutonnant son habit.

Oh çà ! ouju

i^^-fv^rî

PAUL

C'est qu'en vérité... le temps me presse et je ne sais par où commencer.

GASTON

Commence par la lin.

PAUL, bat.

Eh bicnl... Je vais me marier.

GASTON

Je comprends tout ! Ah ! mon pauvre ami, comment cela t'est-il arrivé?

PAUL

Écoute, lorsqu'il y a quatre ans j'aimai la baronne, je ne t'ai rien caché.

GASTON

Non, oh ! non, tu n'as rien caché à personne.

PAUL

Eh! mon cher, le bonheur est bavard. Songe donc, une femme charmante...

GASTON

Un mari commode...

PAUL

Un amour que tout me faisait croire éternel...

GASTON

Et une bonne maison!

PAUL

Comment ce lien si léger est-il devenu si pesant ?..«

GASTON

Comment? il est inou!! Le mari s'ennuie, il prend la phce du mari, et il demande..

Gaston ! Gaston !

GASTON

Oui, fais comme ma sœur, dis-moi que je suis mal élevé, et continue.

PAUL

Le ait est que la situation est devenue intolérable. Il faut accompagner madame, il faut écouter monsieur. Oh ! lui, c'est

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