SCÈNE VIII
PAtJL, GASTON, LE BARON, LA BARONNE, M\-
DAME NUNEZ*
MADAME NUNEZ
Bonsoir, baron, bonsoir monsieur de Bussac.
LE BARON
Madame! (A la baronne.) M. le marquis Gaston de Véret,ma chère, un de nos premiers juristes et de mes bons amis.
GASTON, saluant**.
Madame! (a part.) Elle est charmante... Encore si c'était elle qu'il s'agit d'occuper!
MADAME NUNEZ, à Gaston.
Vous, c'est vous ! comment, baronne, vous recevez M. de Véret, mais c'est un hommë~âffreux.
Prenez garde, madame, vous allez me rendre fat.
MADAME NUNEZ
Un coureur de coulisses, il va vous compromettre hornblement (a Gaston.) Pourquoi ne vous voit-on plus chez moi, vous ?
GASTON
Le colonel se porte bien, madame ?
* Gaston, Paul, M»» Nunez, la baronne, le baron.
** Gaston, la baronne, M^^e Nunez. (Paul et le baron remont&r.t.
MADAME NUNEZ
Je suis sûre que vous avez ppur d'y rencontrer madame Oliva. Figurez-vous, ma chère, que madame Oliva est folle de lui. Un drôle de goût, n'est-ce pas? une veuve comme moi, et jeune, et belle, et riche I... Vous ne voulez pas Tépouseralors, décidément î
GASTON
Oh ! madame! qu'est-ce que je vous ai fait?
MADAME NUNEZ
Est-il assez insolent! Allez, allez, elle s'est mis en tète que vous répouseriez, et vous Tépouserez, elle trouvera un moyen.
Oh ! à moins, d'employer le chloroforme.
MADAME NUNEZ
Vous avez tort, mon cher, c'est une femme qui gagne beaucoup à être connue.
GASTON
Oui; beaucoup. On le sait bien.
La baronne remonte.
MADAME NUNEZ
Comment Tentendez-vous ? Il se croit toujours avec ses lorettes, ma parole d'honneur... Ah çà! c'est toujours le jeudi que je reçois tout le monde, vous le savez.
GASTON
Merci, madame, j'irai le mercredi.
MADAME NUNEZ
Essayez un peu. Dites donc, et votre domino bleu?
GASTON
Ah I madame, vous connaissez...
MADAME NUNEZ
L'histoire du domino bleu, qui ne la connaît pas?
GASTON
Vous savez son nom peut-être !
MADAME NUNEZ
Peut-être?