‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 76 sur 143 · SCÈNE XIII PAUL, M. DE BUSSAG · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII PAUL, M. DE BUSSAG

DE BUSSAG.

Eh bien I mon neveu!

PAUL

Eh bien ! mon oncle !

DE BUSSAG.

Cela me paraît clair, à moi.

PAUL

Clair, qu'est-ce qui est clair?

DE BUSSAG.

Je vois ce que c'est. Tu me prends pour un Gdronto,

PAUL

Que voulez- VOUS dire?

, Ils s'asseyent.

DE BUSSAG.

Ne fais donc pas Tenfant ; en venant ici... j'avais mou idée... * De BussaCy Paul.

I V VSfc .

Ton baron est... baron, et puis il est étranger, et dans mon temps les barons étrangers... enfin passons... Non, mais en vérité, parce qu'on habile la province et qu'on est vieux, il semble qu'on n'a jamais été jeune... et qu'on a oublié son Paris. Mais de l'antichambre ici, j'ai déjà recueilli mille indices. D'abord, on me demande mon paletot, on ne me demande pas mon nom. .."Bon. J'entre au salon, bien, beauconp de femmes, pas de jeunes filles, et trop de jeunes gens, oui trop. Dans une maison irréprochable, tu m'entends bien, il n'y a jamais trop de jeunes gens... il n'y en a môme jamais assez... Du moins, c'était comme cela de mon temps. Trèsbien. Je demande à un invité de me montrer le maître de céans, il ne le connaît pas, et il te connaît... Ah! ah! que dis-tu de cela?.,. Enfin un domestique me conduit ici... la femme, une jolie femme, je t'en fais compliment, me reconnaît sans m'avoir jamais vu, et le mari me saute au cou, en t'appelant son cher Paul. Tu es son ami intime, un autre luimême... Tu fais les honneurs de chez lui... Tu me crois aussi trop rouillé I

n s'est leyâ.

PAUL, sa ie'vant*.

Mais, mon oncle... écoutez-moi.

DE BUSSAG.

Ne me dis rien, je ne te demande rien, tu mentirais... et tu aurais raison; j'en sortirai bien seul, ne t'inquiète pas; mais, dès à présent, je constate que c'est ici un de ces salons où, sous le voile des convenances, on se cherche et l'on se trouve et l'on se retrouve, où l'intrigue se lie sans éclat, se file sans mystère et se délie sans scandale, une de ces maisons... de facile accès et de fréquentation agréable... où jme honnête femme vient sans se compromettre et ne revient pas sans se faire remarquer; un monde qui n'est pas le demi-monde, parce qu'il y a les maris, et qui n'est pas le monde parce qu'il y a les femmes, quelque chose d'hybride... de mitoyen, que le cadastre moral n'a pas classé encore, et qu'on ne peut

* De Bussac, Pau*

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