SCÈNE TREIZIÈME
désigner que par cette périphrase sîgaificatiye : « Le monde où l'cQ s'amuse. »
Pourtant, mon oncle!
DE BUSSAG.
Je te dis que c'est une maison où Ton pille la garde-robe pour jouer des charades, et où on lève la jambe après souper, , Remontant.) Yoîs... mais vois douc, le plaisir rit dans tous les yeux, le laisser-aller se trahit dans tous les gestes, la galanterie traîne sur tous les meubles, (n prend le bonqaet de madame de
Bryàs sur le piano.) Pour peu qu'ou ait de flair, on la devine, on la sent, on la respire, on la... Tiens... tiens.
n ouvre le bouquet et en tire on papier* PAUL, essayant de le reprendre*
Le bouquet de madame de Bryas, que faites- vous?
DE BUSSAG.
Laisse-donc... (n ut le buiet.) « Demain » Demain... Ah! ah! tu vois, je ne le lui tais pas dire.
PAUL
Mais, monsieur.
DS BUSSAG.
N^aie donc pas peur, je vais le remettre à la poste, (cachant e papier dans les fleurs.) Je vois avoc plaisir quo c*est comme
de mon temps (n met le bouqaet sur la cheminée.) et qUO PamOUr
n*a pas changé de boite aux lettres... Eh bien! cela te suffît-iP
PAUL
Mais enfin ! moi.
DE BUSSAG.
Ohl toi, il n'y a qu'à te regarder, tu es sur ton sol... C'o visible.
Sont-ce là des preuves?
DE BUSSAG.
Ce ne sont que des présomptions, j'en conviens; aussi n'es * Paul, de Bussao» SI
-:.rï-
30 LE MOiNDE OU L'ON S'AMUSE
tu pas condamné, mais tu es fortement prévenu, je ne te le cache pas, et je crois bon de te rappeler ici ce que je l'ai dit là-bas : pas de liaisons scandaleuses qui escomptent la vie, pas d'atlachements sérieux qui l'engagent. Sur ce point, mcn neveu, tu me trouverais impitoyable... Il s'agit d^ ma tille enlends-lu, et il s'agit de mariage... Or, le mariage demande une âme saine et un cœur libre ou libéré... Que le tien, comme les autres, ait eu de petites défaillances de jeunesse, je le veux, mais qu'il en ait eu de chroniques, halte-là! mon neveu. Le cas échéant, je liens à m'assurer qu'au moins tu es bien -s^uérï et qu'il n'y a pas de rechutes à craindre.
PAUL
Oh! je vous jure.
DE BUSSAC*
Ne me dis rien, je ne te demande rien ; le bon billet que tes serments 1 En amour c'est le luxe du mensonge. J'en ai bien juré d'autres, moi... oui, moi. Qu'est-ce que tu as à me regarder de cet air ahuri. Est-il insolent! J'ai été aussi jeune que toi, te dis-je, et aussi beau que toi... et plus beau que toi, sans que cela paraisse.
Mais enfin, mon oncle, si vous ne croyez pas ce que l'oa vous dit... comment saurez-vous ce que l'on vous cache?
DE BUSSAC
Comment?... il est manifeste que tu me prends pour une ganache... Comment? tiens! voici venir la baronne. Tu vas le
voir.
PAUL
Mon oncle, qu'allez-vous faire?
DE BUSSAC
Prendre mes informations, tout simplement.
PAUL
Mais songez!
DE BUSSAC
Oh! sous le voile de l'anonyme, je ne suis pas un butor rassure- toi, et regarde bien son éventail.
* Paul, de Bussac.