‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 95 sur 143 · SCÈNE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE VINGT-QUATRIÈME

LA BARONNE

n faut donc qu'ils h devinent.

PAUL, ]ai prenant la main.

Promettez-moî de ne point vous courroucer, promet tcz-îemoi, je vous en prie, (a part.) Je crois que je le sens!...

LA BARONNE, leyant ]o bras droit.

Ce sont les coupables qui se courroucent, or je suis sans peur et sans reproches... moi...

PAUL, è part, se lerant.

Tiens! je me suis trompé. C'est au bras gauche.

LA BARONNE

El vous?...

PAUL, il passe ft sa gaaclie, tout en parlant.

Moi de même, je vous Taffirme, et dans tout ceci, il n*y a qu'un coupable î C'est le temps.

LA BARONNE, bâillant légèrement.

Voilà que vous recommencez à tourner.

PAUL

Je m'assieds, madame, je m^assieds! (ii s*assied ftsa gauche*) Hélas! oui, madame, c'est le temps, ce semeur d'oubli, dont l'éternité est faite de nos inconstances et de nos adietix... (a part.) Où cache-t-elle son bras? (Haut.) Le temps jaloux qui ne veut pas que le bonheur s'arrête et qui déjà dans Pespérance fait germer le souvenir, (a part.) Mais elle s'endort.

Il se penche sur ello.

LA BARONNE, ouvrant les yeux.

Le souvenir, allez, allez, je vous entends.

PAUL, se rasseyant brusquement.

Eh bien ! pourquoi prolonger jusqu'à la dissimulation la fausse pudeur du silence, et quand on aie cojrage de l'indifférence, n'avoir pas l'audace de la franchise!... (a part.) Cette

fofs elle dort.' (n se met en devoir de lui enlever doucement sa sortie

de bal. Il aVst levé.) Allcz, madame, il ne faut pas le haïr, mais le plaindre, celui des deux qui le premier dégage la vériié de son voile transparent... (a part.) Ouf, le cœur me bat I (Haut.) et

• Paul, la baron no.

non moins triste que Taulre, mais plus résigné... (a pan.) Mon Dieu! qu'est-ce qui va arriver? (Haut.) Mais plus résigné, ose

enfin lui dire... (n a enlevé la sortie de bal: le bras delà baronne apparaît vea! d'ornement.) Ah I il n*y est pIuS !

LA BARONNE, éclatnnt de rire.

Ah ! ah ! ah ! (Loi montrant le bracelet qu'eUe tient dans la main.)

C'est cela que vous cherchez?

PAUL, stupéfait.

Eh quoi ! baronne... vous aussi, et moi qui... (il éclate d«

rire à Tunisson.) Ah I ah 1 ah !

LA BARONNE, rederenant grare et se levant.

Quand vous mariez- vous, monsieur de Bussac?

PAUL, interdit.

Quand... je... madame!,..

LA BARONNE

Vous ne voulez pas me le dire, je vais le demander à votre oncle en ce cas...

A mou oncle 1 qu'allez-vous faire ?

LA BARONNE

Avouez que les représailles sont légitimes,

PAUL, se jetant à genoux).

Madame I... je vous en supplie... (h. de Bussac parait an fond. Paul se relorant précipitamment.) Ah !...

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