SCÈNE IV
la
garde! (il s’aperçoit dans la glace et se met à rire.) Oh! l’excellente physionomie de mari !.. je suis effaré... je suis consterné... je suis ridicule!.. Ah! ah! voyons...
Rentre en loi-môme, Auguste, et cesse de te plaindre.
Quoi! tu veux qu’on t’épargne, et n’as rien épargné!
Ah çà ! (il regarde à sa montre. ) Je vais attendre un quart d’heure, et puis je m’informerai... Je pense que cela est suffisamment Spartiate .. (il se promène avec une tranquillité affectée, en chantonnant le duettino de DOIS GIOVA^M : «La cidarcm, la mano tra la la...» Au bout d’une minute, il regarde de nouveau à sa montre.) J’ai enCOl'e quatorze minutes... passons-le5 du moins à notre aise... (ii s’assied et se renverse d.sns un fauteuil.) Charmante petite cliamhre ! Quoi de plus ravissant au monde que la chambre d’une jeune femme distinguée, honnête et un peu coquette? Partout l’empreinte d’un goût délicat et d’une main blanche... une atmosphère doucement imprégnée des parfums favoris... quelque chose à la fois de voluptueux et de sacré... je ne sais quel demi-jour de pudeur voilant l’éclat d’un luxe profane... un clair (îe lune dans une chapelle italienne... Gracieux paradis qu’on rêve à vingt-cinq ans... et qu’on perd à trente... souvent! Enfin! (Frappant sur le bras du fauteuil et se levant.) Oh ! pour cette fois, j’ai entendu marcher dans le jardin, c’est positif.
(il s’approche de la fenêtre ; a» même iustaut, ClotiUle reparaît eu robe de chambre : il se retourne avec une nuance d’embarras et dit à part : ) Qu’elle est pâle!