‹ Le Cheyne-Stokes dans les néphrites: Sa pathogénieChapitre 21 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Signification pathogénique du Cheyne-Stokes dans les néphrites.

La théorie classique de l’intoxication : rôle exclusif de l'urémie : Rendu, Widal, Dieulafoy, Pic...

Les tendances nouvelles : rôle secondaire de l'urémie: Merklen, Bernard,

À notre avis, le Cheyne-Stokes, dans les néphrites comme ailleurs, n'est pas un symptôme d'urémie, mais d'ischémie cérébrale. Preuves à l'appui : discussion de nos observations, présence du Cheyne-Stokes dans d'autres affections, action de la morphine et de la digitale, absence dans les néphrites aiguës.

Nous sommes donc arrivé à conclure dans les chapitres précédents, qu’au cours des néphrites, le Cheyne-Stokes peut apparaitre sans que la perméabilité soit troublée ; que, dans d’autres cas, où cette perméabilité est presque absolue, il n'apparait pas ; que dans tous les cas observés, enfin, on note toujours soit des lésions d’artério-sclérose généralisée ou localisée aux artères cérébrales, soit des lésions cardiaques le plus souvent d’origine artérielle. Quelle idée devons-nous maintenant nous faire de la valeur pathogénique du Cheyne-Stokes ?

Il est classique de dire, nous l’avons vu dans notre historique, que la dyspnée périodique est, dans les né-

phrites, un accident urémique, ayant sa cause exclusive dans l’intoxication de l'organisme. Telle est l'opinion de Dieulafov, de Widal, de Charcot, de Pic, de Rendu, enfin, pour qui « la constatation du (« phénomène doit immédiatement faire remonter à « l'idée d’une affection rénale arrivée à la phase des « accidents urémiques. » (40).

Depuis quelques années cependant, l'interprétation pathogénique de l’urémie en général, du Cheyne- Stokes en particulier, semble devenir plus complexe. Biot (6), Saloz (44), Rabé (36) ont tendance à donner à d’autres facteurs que la toxhémie rénale un rôle important dans la production dela respiration périodique.

La fréquence de lésions du côté du cœur, des vaisseaux, de l’encéphale, a conduit Merklen (28) à admettre qu'il y a autre chose que l’intoxication : celleei en est peut-être une cause, mais elle n’en est pas la seule: «Quand on envisage la longue tolérance des malades qui succombent avec des reins atrophiés, parfois réduits à l’état de moignons cicatriciels, on est bien amené à conclure que l’intoxication n'intervient que pour une part dans la pathogénie des accidents dits urémiques. I faut bien invoquer les troubles circulatoires dus à l’asthénie cardio-vasculaire et les phénomènes d’ischémie dus à l’artério-sclérose... Ainsi en est-il pour certaines dyspnées : le Cheyne- Stokes en particulier s'explique bien souvent par l’anémie artérielle et la stase veineuse encéphalique qui coexistent chez les artério-scléreux en asvstolle. »

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