‹ Le Cheyne-Stokes dans les néphrites: Sa pathogénieChapitre 4 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant le semestre d’été de l’année scolaire 1902- 1903, nous avons eu l’occasion d'observer à l’'Hôtel- Dieu de Lyon un malade intéressant. Il s'agissait d’un homme présentant le rythme respiratoire de Cheyne- Stokes. Ce malade était atteint d’une néphrite déjà ancienne, se caractérisant par de l'hypertension artérielle, du bruit de galop, de l’hypertrophie du cœur ; par des urines claires, pâles, abondantes, sans gros disque d’albumine ; par une perméabilité peu diminuée. Nul symptôme clinique ni du côté du cœur, ni du côté des centres nerveux ; par contre une artériosclérose nettement accusée.

Cette observation d’un rythme respiratoire de Cheyne-Stokes, survenu au cours d’une néphrite, où l'élimination urinaire se faisait d’une façon presque normale, allait évidemment à l'encontre de toutes les théories pathogéniques qui veulent de la respiration de Cheyne-Stokes apparue dans une néphrite faire un signe d’urémie, d'intoxication profonde de l'organisme par les poisons retenus dans le sang. En présence d’un tel malade, on pouvait se demander si Rendu avait eu raison de dire dans ses cliniques (40) que « de toutes les intoxications morbides, l’urémie «est celle qui réalise le plus souvent les conditions

re

« pathogéniques de la respiration de Cheyne-Stokes ; « que la constatation de ce phénomène doit immédia- « tement faire remonter à l’idée d’une affection ré- « nale arrivée à la phase des accidents urémiques. » Sous l'inspiration de M. le docteur Piéry, nous avons essayé de contrôler cette opinion, en désaccord avec le fait que nous avions sous les yeux. Ainsi, rechercher quelles sont les causes d'ordre pathologique qui, dans les néphrites, déterminent l'apparition du rythme de Cheyne-Stokes; quelle est par suite la signification vraie du phénomène, tel est le but que

nous nous proposons.

Voici, de façon générale, quel est notre plan.

Nous n'avons pas l'intention de décrire toute la symptomatologie du Cheyne-Stokes; cette étude à été trop souvent faite pour que nous y revenions.

Nous tracerons d’abord un rapide historique de la question du Cheyne-Stokes dans les néphrites, et insisterons, dans un deuxième chapitre, sur les notions étiologiques, sur les circonstances d'apparition de la dyspnée périodique, telles qu’elles sont admises aujourd’hui par les auteurs.

Les deux chapitres suivants (TT et IV), seront consacrés le premier à l'examen des rapports qui existent entre l’apparition du Cheyne-Stokes et l’insuflisance rénale, dont on a voulu faire la cause essentielle du phénomène; le second à l'étude des lésions organiques, concomittantes à celles du rein, au cours de la dyspnée intermittente.

Nous basant alors sur des faits bien certains, sur les statistiques faites et les observations citées au

cours des chapitres précédents, nous chercherons à établir la véritable signification pathogénique du Cheyne-Stokes dans les néphrites ; et de cette conception, nous tirerons quelques indications générales sur le pronostic et le traitement.

Mais avant d'entrer dans le vif de notre sujet, nous tenons à adresser nos plus vifs remerciements à M. le professeur Bondet dont, pendant ces trois années d'école, nous avons suivi l’enseignement clinique, toujours st intéressant et si pratique, et qui a bien voulu nous faire l'honneur d'accepter la présidence de notre thèse : qu'il reçoive l'hommage de notre admiration.

Toute notre reconnaissance ira à M. le Docteur Piéry; c’est lui qui eut l'idée première de ce travail ; c’est lui qui nous a quidé dans nos recherches et nous à permis de les mener à bien : nous le prions d'accepter l'expression de notre profonde gratitude.

Nous tenons enfin à remercier tous ceux qui ont bien voulu nous témoigner quelque intérêt durant tout le cours de nos études, avant et depuis notre entrée à l'Ecole.

Page 1