XII INTRODUCTION
Bien qu'ayant rendu un immense service à Henri IV par sa coopération à la célèbre satire qui fit plus pour le triomphe du Béarnais que la bataille d’Ivry, ileut peu à se louer de la libéralité de son souverain. Toujours accueilli gracieusement, il recevait force compliments et peu d'argent, car autant Henri était généreux avec les gens qu’il voulait gagner, autant il l'était peu avec ceux qu’il considérait comme des amis dévoués ; témoin Agrippa d’Aubigné.
La position des professeurs ou plutôt des lecteurs du Collége de France était fort critique; déjà avant la Ligue, ils ne touchaient que fort rarement leurs appointements'. Pour juger de cette situation, rien de plus éloquent que les vers de Passerat.
Cependant, comment concilier les réclamations de notre poëte avec ce passage de l’abbé Goujet ?
« Ce fut à cette époque (1594) que Passerat, à la tête
4. Sous Henri IT, Passerat touchait rarement des à-comptes sur ses pensions et traitements, il était si gêné que nous le voyons, dans un sonnet (p. 253), demander la place d’un fou du roi qui venait de mourir :
Süre, Thulene est mort, j'ay veu sa sepulture, Mais il est presque en vous de de resusciter :
Faictes de son estat un poëte herüiter :
Le poëte et le fou sont de même nature.
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