‹ Le Chien courantChapitre 12 sur 31 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

de ses collègues, vint solliciter de Henri IV l’arriéré de leur traitement de professeurs du Collége de France. Le roi les reçut avec bonté, et, après les avoir écoutés, se tournant vers les courtisans qui étoient avec lui, il fit cette réponse si digne de la grandeur de son âme : J'aime mieux qu'on diminue de ma dépense et qu’on m'ôte de ma table pour payer mes lecteurs ; je veux les contenter, M. de Rosny les payera. C’étoit le duc de Sully, son favori et surintendant des finances. Cette promesse eut

« son effet, les professeurs eurent ordre de se trou-

ver le lendemain chez M. de Sully qui, après leur avoir fait l'accueil le plus favorable, leur dit: Les autres vous ont donné du papier, du parchemin et de la cire; le roi vous a donné sa parole, et moi je vous donnerai de l'argent". »

Ilest probable que cette anecdote, si bien arrangée

par l’abbé Goujet, est véritable, mais que Sully ne

rouvrit pas souvent sa caisse pour les lecteurs de Sa

Majesté.

Passerat, qui ne se ménageait ni pour le travail ni

A. Voy. Mémoire hist. et littér. sur le Collége de France,

t.ler, p. 63, édit. in-4, 1758, t. Ier, p. 181, 482 de l’éd. in-12.

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