INTRODUCTION. XV
Il tempere l'ardeur et l'inflamatron,
Quand je pense à sa mort et à sa passion.
Luy fils de l'Eternel et de la vierge Mère
Mourut pour nous en croix, de douleur tres-amere, Et monstra le chemin à ses saints bien heureux De parvenir au Ciel par tourment douloureux.
Souvienne toy, Seigneur, de la foiblesse humaine, Moderant s'il te plaist la rigueur de ma peine.
Je suis sans ton secours de douleur surmonté. Advienne toutefois ta sainte volonté.
Delivre moy, Vierge mère,
De ceste douleur amère,
Par les plaintes que tu fis,
Pour Jesus-Christ ton cher fils, Quand sa chair en croix clouée, Fut pour le monde vouée.
Tout peché par moy commis, Me soit par ton Fils remis.
Plusieurs fois la pauvreté le contraignit d'adresser des placets à de puissants seigneurs. Comme exemple, nous citerons les vers qu'il écrivit au duc de Suily, en 1602, l’année même de sa mort, vers qui ne sont pas inférieurs à ses premières poésies. (Voy. p. 447, éd. de 1606.)
Des écrivains, en blâmant cette conduite de Passe-
rat, l’ont peint comme un homme vil et intéressé. Ce