‹ Le Chien courantChapitre 22 sur 31 · Viander, prendre sa nourriture · texte numérisé non relu

Viander, prendre sa nourriture

Ains vne grosse et forte continue.

Le Cerf mouillé se seiche en ses Ressuus : :

Et moy chetif qui Cerf à deux pied suis, Trempé de pleurs, triste et amere pluye,

Je ne voy point que mon soleil n'essuye.

Le Cerf tué n'a plus de sentiment :

Sous le tombeau doit vivre mon tourment ,

Quand je pourroy toute l’eau d'Oubly boire,

Si ne pourroy-je esteindre la memoire

De la beauté, où plus je vas resuant,

Le traict d'Amour m'entre au cœur plus avant. Las! contre vn tract le Dictame de Crete Secourt le Cerf par sa vertu secrete ;

Et, si le fer est au corps demeuré,

Broutant cest herbe il en est hors tiré.

Tout le pouvoir des herbes de Candie N'adouciroit d'Amour la maladie :

Ses traits crochus dedans mes os cachez

1 Ressui, lieu où fa bête fauve se met pour se sécher après la

rosée du matin.

Quand et mon ame en seront arrachez.

Ainsi du Cerf j’ay tous les maux ensemble,

Et don seul bien au Cerf je ne ressemble.

A, C'est-à-dire : « Avec mon âme. » Il vaudrait mieux lire : « Quant et mon âme. » On peut voir, à ce sujet, une intéressante note de P. L. Courier, Œuvres complètes, édit. de 1834. tome II, p. 216, 217. On disait encore dans le même sens : Quant et quant, qui se trouve encore employé comme synonyme d'avec, dans le Paysan parvenu, de Marivaux, édit. de la veuve Duchesne, 1781, p. 452, 153.

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