BA PRET PRÉ MEL
ne TTC ON VA UT PER
Elle fut arrachée à ses réflexions amères par trois petits coups frappés dans sa porte.
Dame Tremblay entra, sous prétexte de tout mettre en ordre dans la chambre, et commença à raconter les petites nouvelles du dehors, sans paraître y attacher d'importance, tout en époussetant, ou essuyant les meubles.
Mademoiselle de St. Castin l’écoutait d’une oreille assez indifférente.
—Il vient d'entrer une singulière vieille, au chàteau, dit elle à la fin, en regardant la jeune fille. C'est une femme de la ville. Elle est si savante qu'elle connait tout. Elle sait interpréter les songes ; elle peut voir dans nne glace. ou dans votre main, le passé, le présent et l'avenir.
aroline releva la tête et laissa tomber sa broderie. La vieille ménagère continua :
—C'est réellement une femme étonnante, Gangereuse même. Il n’est peut-être pas bon d’avoir des rapports avec elle. Cependant, je sais qu’elle est souvent consultée. Elle m'avait prédit mon mariage avec le bonhomme Tremblay... Mais elle m’annonça sa mort aussi, ensuite. Ïl est mort comme elle l'avait dit, et dans le mois qu’elle avait désigné... Quant à moi, j'ai raison de croire en elle et... de lui garder de la reconnaissance.
La curiosité de mademoiselle de St. Castin s’éveillait. Le sang indien qui coulait dans les veines de cette fille, lui avait donné quelque chose du caractère superstitieux et naïf de ses pères.
Elle venait de faire un rêve singulier.
‘ Un homme, la figure couverte d’un vo'le épais, la menait en croupe sur un cheval noir comme la nuit. Le cheval noir courait comme le vent. Il se rendit ainsi aux confins du monde et là, l'homme masqué, qu'elle n’avait pu reconnaître la renferma dans une montagne pour jusqu’à la fin des temps. Mais un ange éblouissant entr'ouvrit le rocher, la
prit dan dieux, a Ce rè:
face de s homme mais d’u L’arri pliquer une perr e & femme, « La mé au bout faisait, à cher du
Mère À duisit un.
Caroline.
attendit | rieuse de
Elle pr à passer 1 nouvelle
Carolin et la dis de la déli ami ignoi
Cette p disposa e1
Mère M pour s’as reprit :
.—Mada significati suis capal vous êtes Carolin Cière,
té CHIEN D'oh ail
prit dans ses bras et l’emporta à travers l’espace ra-
trous dieux, au pied du Rédempteur, parmi les élus du ciel. ottre Ce rêve l’inquiétait. Elle n'avait pas pu voir la nter face de son ravisseur, Mais elle savait que € était un atta. homme qu’elle aimait, un homme qui l’aimait aussi, yant mais d’un amour inavouable.
L'arrivée au château d’une personne capable d’exillé pliquer les songes, lui parut une bonne fortune, | une permission de la Providence, peut-être.
chä: e serais curieuse de consulter cette vieille
fille femme, dit-elle à dame Tremblay.
« La ménagère se hâta de l'aller quérir. Elle revint
or au bout de cinq minutes. Le bâton de la sorciére
En faisait, à chaque pas, retentir lugubrement le plan- 1 cher du corridor.
rode- 1
bo: Mère Malheur entra. Son aspect repoussant pro-
t ri duisit une impression pénible sur l'esprit délicat de
le est M Caroline. Elle s’assit après y avoir été invitée, et
attendit les questions qu’il plairait à la /jeune curieuse de lui adresser.
Elle préparait d'avance ses explications de manière à passer pour habile en flattant les espérances de sa nouvelle dupe.
Caroline raconta le songe étrange qu’elle avait eu, et la diseuse de bonne aventure lui prédit l’heure de la délivrance et du triomphe, par les soins d’un ami ignoré.
Cette promesse fit sourire l’infortunée et la pré- LE ci en faveur de la vieille femme.
Mère Malheur, regardant tout autour de la pièce, pour s'assurer que les portes étaient bien fermées, reprit: .
—Madame, je puis vous dire autre chose que la signification de votre songe, si vous le voulez; je suis capable de découvrir qui vous êtes et pourquoi vous êtes ici.
Caroline se dressa stupéfaite en face de la sor çière.
NO PME M A EU NE PAU D AP A CN CIN A PAR EPA METAL 7 ail ÿ an due etui à: sb
119 LE CHIEN D'où
—Vous savez qu je suis, balbutia-t-elle, et pour. quoi je suis ici?.. c’est impossible ! je ne vous ai jamais vue.
—C'est vrai, vous ne m'avez jamais vue; mais je vais vous dire quand même qui vous êtes: Vous êtes la fille du baron de St. Castin. N'est-ce pas vrai?
La sorcière avait un aspect effrayant en parlant ainsi. *
—0 mère des miséricordes ! s’écria mademoiselle de St. Castin, tout effrayée, ayez pitié dé moi! qui êtes-vous donc, ajouta-t-elle, vous qüi me connaissez si bien ?.…
—Je ne suis qu’une messagère, madame. Je suis venue ici pour vous apporter une lettre de la part d’une amie qui vous connaît mieux que moi, et qui désire beaucoup vous voir, et vous communiquer des choses de la plus haute importance.
Elle lui remit le billet plié de la Corriveau.
—Une lettre ? fit Caroline, quel est ce mystère ?.… Est-ce de l’Intendant ?
—Non, madame, c'est d’une femme.
Caroline rougit et trembla en prenant la lettre.
—C'est d’une femme, pensait-elle, il doit y avoir des motifs sérieux.
La Corriveau affirmait qu'elle était une amie inconnue, désireuse de la protéger dans un moment critique. Le baron de St. Castin savait sa fille en là Nouvelle-France, et il était autorisé par le roi, à la chercher envoyée en France.
Elle connaissait bien d’autres choses qu'elle ne pouvait pas écrire, mais qu’elle lui confierait dans une entrevue.
Elle connaissait le passage souterrain qui allait de la tour aux voûtes du-château. Elle s’y rendrait la nuit suivante, à minuit juste, et elle irait frapper
à la porte de la chambre secrète, .
L’Intendant serait probablement une huitaine de
artout. S'il la retrouvait, elle serait |
ligée, et
jours au) manoir s
Carolin Après la :
se peigni
curiosité, —Mon | mon père dans l’âm mourrai « tagnes Lor honte! qu m'avez-vo Mère M gardaïit to —Made:
vous Sauv:
qui vous é une bonne —La vo pas? La c Et elle voir si elle —Je cro vieille scél qu'une pa te que ji vous dire —L'Inte —Il me en son abs Voulez-vo —Oui ! 4 ai besoin
qu’elle va vous ?.
our- jours aux Trois-Rivières, et en son absence, Beausai M manoir serait probablement visité.
Caroline frissonnait en parcourant cette lettre. is je Après la rougeur de la honte, la pâleur de la crainte "ous se peignit sur sa belle figure.
rai? —Que faire ? Q mon Dieu ! que faire ? exclama-tlant elle en se tordant les bras, dans une amère angoisse. Mère Malheur la regardait avec indifférence, avec selle M curiosité, et ne se sentait nullement émue. il... M —Mon père, mon père bien-aimé! continua:t-elle, con- mon père que j'ai tant offensé, va venir ici, la colère dans l’âme, m'arracher à ma cachette! Oh! je suis Æ mourrai de honte à ses genoux! Oh! que les monpart tagnes tombent sur moi et m’ensevelissent avec ma , qui honte! que faire ? où fuir ? Bigot ! Bigot! pourquoi quer M m'avez-vous trahie ?.…
Mère Malheur, froide, dure, impassible, la regardait toujours.
e ?.. —Mademoiselle, dit-elle, il n’y a qu’un moyen de vous sauver, c’est de suivre les conseils de l’amie qui vous écrit. Elle vous trouvera, j'en suis sûre,
e. une bonne cachette. Voulez-vous la voir ?
voir —La voir? Mais qu’est-elle ? Ne me trompe-t-on pas ? La connaissez-vous ? |
Et elle regardait mère Malheur finement, pour voir si elle surprendrait une fausseté dans son air.
—Je crois que tont est vrai, madame, répondit la vieille scélérate. Mais, vous comprenez, je ne suis qu'une pauvre messagère, moi, et je n’affirme point ce que j'ignore. Mais celle qui m'envoie pourra vous dire tout.
—L’Intendant la connait-il, cette femme ?
—I]1 me semble qu'il lui a dit dé veiller sur vous en son absence. Elle est vieille et c'est une amie. Voulez-vous la voir?
—Oui! oui! c’est bon. Dites-lui de venir.....Ah! jai besoin de la voir !... Mais vous aussi vous êtes
gée, et vous avez de l'expérience; pensez-vous qu’elle va véritablement me sauver ? Le pensez:
vous? .
Dir de bd hi à
\14 LE CHIEN D'of
Elle joignait les mains avec un douloureux déses. Ps poir en disant cela.
—S$i elle ne vous sauve point, personne au monde ne vous sauvera.
—Hâtez-vous, alors, hâtez-vous! Qu'elle vienne demain dans la nuit! Je l’attendrai dans la chambre secrète... Je l’attendrai comme, dans la vallée de la mort, le condamné attend l’ange de la délivrance.