‹ Le chien d'or [microforme]Chapitre 24 sur 73 · TRE TS · texte numérisé non relu

TRE TS

ds Pme

D rss

PASS PIC pe OST PRES ETS

Castin l’intriguait assez, conséquemment. Elle s’ir-

AN RTE RE Fe Ne AN A OR ACL Mec 0: 2 Si Ai

Elle faisait allusion aux domestiques qui, la têté dans les portes, chuchottaient entre eux.

Les deux vieilles femmes entrèrent.

Dame Tremblay conduisit mère Malheur à sa chambre et lui versa un verre d’eau-de-vie.

—Prenez ceci, dit-elle, cela va vous réconforter.

Ilest excellent ce cognac... J’en prends, moi, de

temps en temps, un plein dé, comme cela, et je m’en trouve bien.

Quand j'étais la charmante Joséphine, j'avais coutume de mettre mes lèvres sur le bord des gobelets que je présentais aux galants, et je ne buvais

as plus qu’une mouche. Les coquins! ils ne vouaient boire que dans ces gobelets! Hélas! mère Malheur ! ajouta-t-elle, d’un air dolent et en branlant la tête, nous ne pouvons pas rester toujours jeunes et belles!

—Non, c’est vrai; mais nous pouvons demeurer joyeuse et grasse. c’est ce que: nous ayons fait!

ous ne buvez pas la vie goutte à goutte, et je parie que si quelqu'un vous propsait de vous conduire à l’église, vous seriez capable d’y courir encore, mieux que n'importe quelle jeune fille de la Nouvelle-

rance.

La répartie de mère Malheur, fit rire aux éclats dame Tremblay. Elle approcha sa chaise de sa vieille camarade et la regardant en face :

—Quelles nouvelles? demanda:t-elle.

Elle était douée d’une vive curiosité, la mère Tremblay, se tenait au courant de tout ce qui se passait à la ville et à la campagne, éprouvait autant de plaisir à répandre les rumeurs qu’à les recueillir, et ne lâchait jamais une personne qu’elle n’en eût tiré tous ses secrets.

Le mystère qui enveloppait mademoiselle de St.

la têté

à sa

forter.

oi, de > m'en j'avais ÿ gobu vais > vou- mère anlant jeunes

neurer s fait!

e parie luire à mieux avelle-

éclats de sa

mère qui se autant 1eillir, en eût

de St.

le s’ir-

ritait de ne pouvoir le pénétrer, et taxait presque d’impertinence la réserve de cette fille qui ne voulait pas même dire son nom.

Le plus extraordinaire, c’est que l’Intendant lui avait défendu de chercher à pénétrer le secret de sa captive.

n fallait-il plus pour irriter même la plus indolente curiosité ! Mère Malheur arrivait fort à propos.

—Vous sentez-vous bien, maintenant, mère Malheur ! demanda-t-elle, à sa visiteuse. Ce petit verre vous a rendue colorée comme une pivoine.

—Je me sens très bien, oui: Il est vraiment bon, ce cognac, il réchauffe sans brûler... Ce verre, c'est ce qui m'est arrivé de plus heureux aujourd'hui.

—Il doit y avoir du nouveau à la ville: des naïissances, des mariages, des décès. Il doit y avoir des relations tendres, des heureux, des malheureux en amour ; des noms proclamés, des réputations naufragées. Voyons ! mère Malheur, parlez, dites tout. J'aurai quelque chose d’intéressant à vous conter. Encore une petite goutte de ce bon cognac.

—Décidément, dame Tremblay, la tentation est trop forte, répondit mère Malheur.

Elle se versa un bon coup, et le verre à la main, elle commença à rapporter les rumeurs qui couvraient les rues de la ville, et elle leur donnait des couleurs agréables et des tournures piquantes.

Dame Tremblay était ravie.

. — Maintenant, dit-elle, j'ai un secret à vous confier, mère Malheur.

Elle parlait bas et d’une façon mystérieuse.

—C'est un secret formidable, reprit-elle, attention ! il vaudrait mieux être brûlée vive que de le révéler. & Ici, dans le château, il y à une dame, une vraie dame s’il en fut jamais, qui vit dans la retraite la plus profonde. L’Intendant seul peut la voir... et

PORTO DEAN PAUL EUR EP ART PCT EU TR SPA EE PEN OT CR AVION (ar À » j ‘ (, #

moi! Elle est aussi belle et aussi triste que Notre- Dame des douleurs. Ce qu’elle est, je puis le deviner; mais son nom, impossible ! Je donnerais mon petit doigt pour le savoir, cependant.

—Je ne comprends pas, dame Tremblay, qu’en ait des secrets avec vous. Tout de même, vous m'’apprenez là, une chose vraiment extrrordinaire. Une femme qui est cachée ici! Et vous ne pouvez pas la connaître ? C’est drôle !

—C'est pourtant la vérité. Si je vous disais que j'ai essayé toutes les ruses ; mais elle a été plus fine que moi. Si c'était un homme, j'en viendrais bien à bout. Quand j'étais la charmante Joséphine du lac Beauport, je pouvais rouler les hommes comme un fil autour de mon doigt, mais cette femme, c’est un nœud inextricable.

—Que savez-vous d'elle ? quels sont vos soupçous, dame Tremblay ?

—Ma foi, je vous dirai bien que je la crois un peu comme nous toutes, les femmes, pas meilleure que de raison. L’Intendant le sait bien, lui, mademoiselle DesMeloises aussi. Elle aussi, la pauvre captive, connait un peu ses misères, car elle prie et pleure beaucoup. C'est pour cela qu’elle se montre si discrète.

Savez-vous bien, dame Tremblay, que c'est une grande nouvelle que vous m'’apprenez là, reprit mère Malheur, dissimulant du mieux qu’elle pouvait la joie extrême qu’elle ressentait, et bien décidée à ne pas laisser échapper une si belle occasion de servir la Corriveau. |

Mais qu’attendez-vous de moi en cette circonstance, continua-t-elle.

—Ce que j'attends de vous ? le voici. Vous allez voir cette dame, mère Malheur, sous le plus grand secret, bien entendu ! et vous lirez dans ses mains tous les secrets qu'elle nous cac*e. Vous comprenez ? —Je ferai tout ce que vous voudrez, dame Trem-

Mai travai d’autr vent e der le et alor ses ma

cieuse:

ses er eu un

Notre- blay, tout ce que vous voudrez! Seulement il faudevi- dra que je la voie seule.

mon uant à moi, je le veux bien, mais je ne sais . pas si elle consentira. Elle a une têtc! je n’oserais qu’en pas la solliciter trop vivement... Tenez ! ce mystère m'ap- de femme me trouble étrangement. J'en maigris. Une Voyez donc mes coudes, mes genoux !.… Je n'ai pas pas la été dans un pire état depuis le temps du bonhomme Tremblay. Ce pauvre homme !.… s que Je vais aller lui demander si elle veut faire dire s fine sa bonne fortune. Elle est délaissée de tout le monde, bien à désespérée. Une femme désespérée s'accroche à tout. u lac C'est ce quej'ai fait quand j'ai épousé, d’après votre ne un conseil, le sieur Tremblay.

st un Dame Tremblay s’essuya la bouche et les joues

avec le coin de son tablier et descendit à l’appartement de Caroline.

Mademoiselle de St Castin, assise à sa fenêtre, 1 travaillait à une dentelle, en songeant à ses joies î d'autrefois et à ses douleurs d'aujourd'hui. Et sou- { vent elle relevait son front pâle comme pour regar- | der le ciel qui se déroulait sur les bois jaunissants, Li et alors son ouvrage reposait s 1r ses genoux, entre à | ses mains immobiles. e

Elle rappelait une à une, comme des perles précieuses, les paroles que l’Intendant lui avait adressées en partant pour les Trois-Rivières. Sa voix avait eu une douceur inaccoutumée, sa main semblait plus chaude et plus loyale, son regard, plus tendre, et plus franc! Comme il avait paru ému quand, sur la galerie, en se séparant d’elle, ii lui recommanda de prendre bien soin de sa santé et de retrouver les roses d'Acadie!

—Oh! les pauvres roses d’Acadie, pensait-elle douloureusement, elles ne refleuriront plus jamais 1... ains je les ai trop longtemps arrosées de mes larmes... trop longtemps en vain! Il est trop tard, Bigot,

trop tard !

LME RREE acier vue Be De LA 7 ve mg

ÉD RQ TD 8e et NS ER TU CR D RE I SE > PE

Page 1