‹ Le chien d'or [microforme]Chapitre 61 sur 73 · XX · texte numérisé non relu

XX

Dame Rochelle entendit du bruit et regarda à sa fenêtre. Elle vit la masse du peuple qui s’agitait comme des vagues sur un rocher, et des gens qui débouchaient de civerses rues en courant tous vers la place.

es employés du bourgeois sortirent aussi et rejoignent les autres.

Ile devina qu’il était arrivé quelque malheur à son maître et elle se mit en prière.

Le bruit augmentait toujours. Klle se pencha à la fenêtre et demanda ce qu’il y avait.

—Le bourgcois est mort! fut-il répondu. C’est la Grande Compagrie qui l’a tué! On lapporte ici.

Elle tomba s genoux en poussant un cri d’angoisse, .

La lu cadavre soleil.

Le cie vertueu

Les h:

un mon retirère!

Ils ét d’un pèi

Ainsi ner un ( et il eut

Il n’é

ui alla es mor

LeCh plus qu’ dans la le lame ter.

tué enfi trop jus

trop ha

Hier désolati cette c

Les a le tum et de 1 Ils avai

Claud suivirel Buade,

La lugubre procession entra. Ceux qu portaient le Dire vinrent le déposer dans le salon rempli de soleil.

Le ciel semblait sourire à cette mort d’un homme vertueux.

Les habitants qui l’avaient apporté le regardèrent un moment avec des larmes dans les yeux, puis se retirèrent en silence.

Ils étaient tristes comme devant les dépouilles d’un père bien-aimé.

Ainsi finit le bon bourgeois. Il aurait pu gouverner un empire, tant il avait d'énergie et d’habileté, et il eut une immense influence dans la colonie.

Il n’était plus qu’un peu de poussiére maintenant, qu allait se confondre avec la poussière du champ

es morts |

LeChien d’or était muet! Le Cchien d’or n'était plus qu’un souvenir! Mais il allait rester buriné dans la pierre, pour rappeler aux générations futures le lamentable événement que nous venons de raconter.

Dame Rochelle s'était précipitée dans la chambre où son maître venait d’être déposé.

—Ah! vos implacables ennemis vous ont donc tué enfin ! s’écria-t-elle… Je le savais! Vous étiez trop juste ! trop born! Votre vertu leur reprochait trop hautement leurs vices !.…

Pierre! oh! Pierre ! où est-il en ce moment de désolation? Comment le revoir? Comment lui dire cette chose horrible ?.…

Les amis du bourgeois arrivaient tour à tour et le tumulte augmentait dans la rue. Le gouverneur et de la Corne St Luc accoururent des premiers, Ils avaient hâte de connaître les détails du meurtre,

Claude de Beauharnois et Rigaud de Vaudreuil les suivirent de près. Quand ils passèrent sur la rue Buade, ils entendirent des Cris de malédiction

SR

249 | LE CHIEN D'oh

contre la Friponne et contre l’assassin. Cependant, les gens se découvrirent pour les saluer.

Comme il y avait lieu de penser que les magasins de la Grande Compagnie allaient être attaqués par la populace furieuse, le gouverneur envoya des troupes pour les protéger. Il fit garder, aussi, par divers Aétachements, le Palais de l’Intendant, les La de la Friponne et la maison de madame de

illy.

Là docteur Gauthier avait examiné la blessure et constaté la mort. La blessure saignait toujours... Le bon frère était toujours à genoux, en prière, aux pieds du mort. .

De la Corne St Luc sentait son cœur se briser de désespoir, dans sa vaillante poitrine, quand il songeait que le meurtrier de son ami était son filleul. l’objet de son orgueil et de ses prédilections.…

—Oh ! quelle honte! quelle honte! gémissait-il. Ce serait mon propre fils qui aurait ainsi trempé ses mains dans le sang d’un juste, que je n’en éprouverais pas plus de douleur ni plus d’humiliation !

—De la Corne, lui dit le gouverneur, je suis dé solé comme vous... Mais il y a un mystère dans ce forfait, un mystère terrible ! Il parait que de Péau a laissé tomber une parole qui indiquerait un compit LeGardeur, de lui-même, n'aurait jamais eu ’idée d’une pareille monstruosité.

—Ah! je le crois ! je le crois ! s’écria de la Corne. Il a dû être lui-méme victime de quelque damnée machination.. Il respectait, il aimait le bourgeois..: le père de son meilleur ami !. .

—Le parti des honnêtes gens est décapité, observa le gouverneur avec intention.

—C'est vrai comme l'Evangile ! apppouva de la.

Corne... et Bigot ne rencontrera plus d’obstacles maintenant, ajouta-t-il, comme pour complèter la pure du gouverneur. Je pense qu'il est au fond de ’affaire. C’est une œuvre digne de lui!

ÏS..:

2rva

cles r la l de

rh ANS SA Det à Cabo eiN lé dents LE 6 ci Là de

—Je ne dis pas non, de la Corne, mais ces gens de la grande compagnie sont tellement adroits et rusés, Dee sera bien plus facile de les soupçonner que de les convaincre.

—Ce qui m'étonne, ce n’est pas l’assassinat luimême, mais c’est le choix de LeGardeur pour le perpétrer.

—C'est, en effet, quelque chose d’inexplicable. [ls l'ont enivré, parait-il.. et quand un homme n’a plus sa raison, il est souven: ‘plus cruel envers ses amis qu’envers les autres. .

—C'est évident ! clama de la Corne, qu’ils l'ont fait boire pour le pousser ensuite à ce crime terrible!

—Je le crois, approuva le gouverneur. Il doit en être ainsi, car il aimait trop Pierre Philibert, son <a a pour faire quoique ce fût qui l’aurait chagriné.

—ÎIls se chérissaient l’un et l’autre comme des frères, ajouta le vieux soldat. Bigot a pu corrompre les habitudes de LeGardeur, continua-t-il, mais jamais il n’a go le dépouiller de son cœur ni de ses sentiments de gentilhomme.

—[l y a dans ce crime, de la Corne, un mystère que je ne puis approfondir, et un autre malheur nous menace peut-être. Nous sommes pourtant asséz éprouvés déjà !

—Qu'’est-ce donc? fit de la Corne anxieusement.

" —Pierre Philibert arrive ce soir et il y aura duel entré lui et LeGardeur. Voilà le couronnement de l’infernal complot !

Pierre Philibert est la plus vaillante épée de la Nouvelle"France et il vengera la mort de son père.

De la Corne fit un bond, puis secouant la tète :

—Non! répliqua il, non, il n’y aura pas de duel! LeGardeur offrira sa poitrine au fer de son ami, mais il ne se défendra point... Au reste, il est prisonnier, le malheureux !.… Loe

— Nous veïllerons sur lui, äjouta le gouverneur,

LS ONE AA CO MEET EE rs | L Été d Fr FU j * MATRA EU A Pod Fr:

tés :

et justice sera faite. Pas de vengeance aveugle, mais pas de lâche faveur!

Un messager entra pour dire au gouverneur que ses ordres avaient été exécutés fidèlement et que la paix se rétablissait.

—Maintenant cu nous avons protégé la propriété publique, reprit le gouverneur, il nous faut aller consoler nos amis.

—Hélas ! ajouta de la Corne, lés hommes versent des larmes amères, c'est vrai, mais les femmes ont des larmes de sang ! Quelle doit être la douleur de ma pauvre filleule Amélie de Repentigny et de madame de Tilly !

—Allez les consoler, de la Corne, et que l’ange du Seigneur vous accompagne |

De la Corne sortit de la maison en deuil, prit la rue Du Fort et monta vers le cap.

—Quelle triste journée, O mon pauvre Rigaud!

quel déshonneur pour ncire colonie! exclama le gouvezneur à son ami de Vaudreuil, pendant qu'ils retournaient ensemble au château St. Louis.

—Je donnerais la moitié de ce que je possède pour que ce lugubre drame püt-être effacé de nos an-

nales, répliqua Rigaud. C’est heureux que votre :

ami Kalm soit parti, continua-t-il, car il n'aurait pas

manqué d'écrire, et toute l'Europe l'aurait lu, que

dans la Nouvelle-France l’Intendant Royal fait assassiner les gens pour se venger et pour remplir les coffres de la plus grande compagnie de voleurs qui ait jamais existé.

—Faites attention, Rigaud ! ne parlez pas trop haut. On ne sait pas après tout. Mais le sang de l’honnèête bourgeois crie vengeance, et notre devoir est de chercher tous les coupables. Nous les trouverons, j'en ai l'espoir.

—Vous avez raison, comte, mais écoutez-moi bien : dès l’instant que veus essaierez de débrouiller la trame damnée et de mettre la main sur les coquins

en bre:

choses

coupal

qui l'ont ourdie, vous recevrez vos lettres de rappel.

—C'est possible, Rigaud, répondit le gouverneur en branlant la tête; il s’accomplit de si étranges choses sous ces étranges femmes qui règnent à la cour. Cependant, tant que je serai ici, je ferai mon devoir.

Le comte fit appeler quelques uns de ses plus habiles et de ses plus dévoués conseillers, pour prendre en considération le lamentable accident qui venait d’avoir lieu, et aviser aux moyens d'atteindre les coupables et de faire triompher la justice.

Re Ki ere us ga Pa Re EE

me Deere = a — si ERP é EF: T RSS as RER ei EE ETS CSS RUE.

RE

ss

BRESESEES

RS e Re Tes era

RE Te re ne

fs ‘1 qe h (Al À

TR Se Re mr PR EE

Page 1