‹ Le chien; son histoire, ses exploits, ses aventuresChapitre 1 sur 83 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

" The rich man's guardian, and the poor man's friend Theonbj créature faithful io the end."

ce Gardien du riche, ami du pauvre, seule créature fidèle jusqu'à la mort », le chien tient une grande place dans les sociétés humaines ; il est intimement mêlé à notre vie : écrire son histoire, c'est en réalité ajouter un chapitre à l'histoire de l'homme. L'œuvre est difficile, les chiens n'ayant pas encore l'habitude de nous confier leurs sensations. Toutefois, les « documents canins » ne font pas défaut

k LE CHIEN.

et peut-être est-il plus aisé de dire sur eux la vérité parce qu'ils ne parlent ni n'écrivent.

« Voyez-vous, me disait un jour un savant vétérinaire qui est aussi un docteur en médecine, j'aime mieux soigner les bêtes que les gens, parce que les bêles ne me trompentpoint. Les chiens aboient suffisamment pour m'indiquer qu'ils soufTrent; ils ne parlent pas assez pour déguiser la vérité et égarer mon diagnostic avec des mensonges ; aussi je les guéris mieux. »

Peut-être à notre tour peindrons-nous l'espèce canine plus aisément que la nôtre, et pour simplifier notre tâche nous éviterons autant que possible les classifications. ' Toussenel écrivant sa Zoologie passionnelle ne reconnaissait qu'une classification logique et raisonnable, celle qui repose sur l'analogie des rapports passionnels entre l'homme et les choses créées. Il a prétendu qu'il faut envisager la bête au point de vue de sa ressemblance morale avec l'homme , parce que la bête est le miroir de l'homme ; il a été jusqu'à affirmer que le chien a exercé une influence polilique sur la constitution des sociétés anciennes et modernes, et il a établi son parallèle en notant les fourberies ingénieuses du braque Castagno et la diplomatie raffinée des chiens de poste de Sibérie.

Toussenel avait raison jusqu'à un certain point et nous voulons, selon son conseil, étudier l'espèce canine dans ses ressemblances morales avec la nôtre ; mais, par bonheur, le chien n'est pas devenu le fidèle miroir de l'homme, à qui il ne ressemble guère que par ses beaux côtés. Lorsqu'on le compare à nous, l'avantage ne nous reste pas.

Michel Cervantes l'a montré en prêtant à deux chiens, devenus célèbres grâce à lui, l'appréciation des actes des hommes.

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