‹ Le chien; son histoire, ses exploits, ses aventuresChapitre 31 sur 83 · L HIVER CHEZ LES ESQUIMAUX · texte numérisé non relu

L HIVER CHEZ LES ESQUIMAUX

Les chiens des Esquimaux sont à peu près de la taille de nos chiens de br^rgcrs, mais plus fortement charpentés et couverts d'un poil plus épais.

Les chiens de Saint-Domingue et ceux du Mexique servent également de chevaux, et à Terre-Neuve les newfoiindlands remplacent les chevaux et les mulcls.

Ces animaux ont un courage admirable et une résignation sans égale. Malgré les fatigues qu'on leur impose, quoiqu'ils ne soient guère nourris que de poissons pourris, ils ne

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manifcslent jamais ni découragement ni lassitude, et leur attachement semble grandir avec les épreuves qu'ils supportent; souvent à la lin des longs hivers on en voit mourir de misère et d'épuisement.

Les chiens du Labrador sont, ainsi que les chiens des Esquimaux, attelés aux Iraîncaux. En été ils ne servent i)lus à rien; alors on leur donne la liberté : ils s'en vont chercher leur nourriture, chasser, pourvoir eux-mêmes à leurs besoins, puis, quand les premiers froids leur indiquent qu'on va de nouveau avoir besoin de leurs services, ils reviennent d'eux-mêmes aux cabanes où on les attend :

« Nous allons pouvoir servir, nous voilà! »

En Islande, en Laponie les chiens sont des serviteurs bons à tous les usages. Le chien partout a été employé aux plus durs travaux ; il y a des chiens de peine, des chiens de somme, des chiens de fatigue. Longtemps (cette coutume barbare n'a été abolie chez nous qu'en 1826), longtemps on a vu à Paris des chiens attelés à des charrelles et traînant de lourds fardeaux. On en rencontre encore dans les quartiers pauvres.

Cet usage existe dans beaucoup de pays, notamment en Hollande et en Belgique. Là, dès la pointe du jour les rues sont sillonnées de petites voitures chargées de boîtes à lait, de légumes, de pain, que fermiers, maraîchers et boulangers portent à leurs pratiques. Les chiens harnachés remplacent les chevaux, mais avec une plus grande intelligence ; ils savent où s'arrêter et ne se trompent jamais, reconnaissant, aussi bien que leurs maîtres, les portes des maisons et repartant sans un mot, sans un signe, aussitôt qu'ils voient que la livraison est faite.

Un voyageur qui les a étudiés de près a constaté chez eux un instinct presque incroyable.

Attachés à des voilures pleines de légumes, ils marchaient péniblement dans une rue en réparation et à moitié dépa-

LES TRAVAILLEURS

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vée. Lorsque les roues rencontraient des cailloux, les chiens s'arrêtaient brusquement, mesuraient du regard l'obstacle, reculaient et l'évitaient avec autant d'adresse que l'eût pu faire un homme.

Lorsqu'on est arriNc au marché ou au terme du voyage, on dételle ces pauvres animaux afin qu'ils aillent par la ville chercher leur nourriture. Ils ont un temps limité pour pourvoir à leurs besoins, et à l'heure fixée on les voit accourir de tous côtés et reprendre joyeusement leurs colliers de misère.

Que s'ils ont quelque peu fait l'école buissonnière , ils arrivent la queue basse, l'air triste, ainsi que des enfants qui, sachant avoir commis une faute, redoutent un châtiment. Hélas! le châtiment se fait rarement attendre, et leurs brutaux conducteurs, au lieu d'avoir pitié de leur mine déconfite, les accablent de coups. Triste récompense d'utiles services!...

A combien d'autres travaux ne sont pas employés les chiens? Ils sont sans cesse mêlés à notre vie. Les uns gardent nos maisons, et jamais portier vigilant ne veilla aussi bien sur notre salut; ceux-là aboient jour et nuit et préviennent quand arrive un visiteur; ceux-ci éloignent, en montrant les dents, tous les importuns et tous les gens de mauvaise mine. Le dogue se précipite tête baissée au-devant du danger; il ne permettrait pas qu'on touchât à son maître. Quel est le meilleur chien de garde? On a beaucoup discuté sur ce point : presque tous sont excellents, mais

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