‹ Le chien; son histoire, ses exploits, ses aventuresChapitre 63 sur 83 · RRGIME ALIMENTAIRE DES CHIENS ADULTES · texte numérisé non relu

RRGIME ALIMENTAIRE DES CHIENS ADULTES

Le chien, avons-nous déjà dit, a des dents tranchantes et pointues pour couper et déchire la chair, et d'autres propres à broyer les végétaux. Son intestin a subi aussi certaines modifications qui font supposer qu'il n'est pas essentiellement Carnivore.

Il est donc logique que son régime soit mixte, c'est-à-dire celui des omnivores.

Cela est surtout vrai pour les chiens dont les dépenses produites par le

Iravail demandent, ponr ((ne la réparation se fasse rapidement, des aliments alibiles, de laeile digestion, ne snrchargeant pas trop l'estomae.

Il faut donc an chien de la viande, des farineux et des légumes. L'homme en vivant avec le cliien l'a habitué à son propre régime.

En nourrissant le chien, il faut chercher à développer son système musculaire, il faut éviter <Ie le pousser à la graisse. Pour cela il lui faut un régime bien compris et suivi très exactement depuis le jour du sevrage jusqu'à son extrême vieillesse.

La ration doit donc être composée surtout d'aliments azotés auxquels on ne devra adjoindre que dans une certaine proportion les éléments dits respiratoires,- ces derniers poussant à la graisse et les premiers au développement des muscles et des os.

Voici d'après Liebig, la proportion de ces principes dans les substances suivantes :

PRINCIPES AZOTÉS. PRINCIPES IlESPIUATOIRES.

Lait de vache 10 parties 30 parties

Graisse de mouloii 10 — 2/ à 45 —

Viande de mouton \ 10 — 19 —

Viande de bœuf > maigres. 10 — 17 —

Viande de cheval ) 10 — lô

Lièvre et lapin 10 — 2 à 5 —

Farine de froment 10 — 46 —

Farine d'avoine. 10 — 50 —

Farine d'orge . 10 — 57 —

Pomme de terre 10 - 86 à 115 —

■ Riz 10 — 153 —

Tous les auteurs qui se sont occupés de la question de l'alimentation du chien sont à peu près d'accord sur ce point que la meilleure ration doit être celle qui se rapproche le plus de la composition du lait, aliment essentiellement complet.

Or le mélange de viande (celle de cheval de préférence à cause de son bas prix relatif) et de pain pur froment, ou mélange de froment et de seigle, même d'orge, remplit parfaitement cette condition.

Avec la viande on devra faire un bouillon légèrement salé, qui servira à confectionner avec le pain, une bonne soupe dans laquelle on mélangera la viande cuite, et même pour certains chiens cette dernière pourra être distribuée en nature après que la soupe aura été absorbée.

Nous avons déjà dit combien de repas on devra distribuer aux chiens.

Quand ces animaux consomment une certaine quantité de viande, un

seul repas peut être suffisant toutes les vingt-quatre heures, mais nous croyons qu'il est bien préférable de donner deux repas par jour.

La viande employée devra toujours être fraîche et provenir d'animaux bien sains.

Il sera bon de temps à autre d'ajouter à la soupe quelques légumes : choux, pommes de terre, fèves, betteraves, etc.

La soupe doit toujours être distribuée simplement tiède, trop chaude elle brûle la bouche et l'estomac, et, parait-il, tous les chasseurs le répètent, elle abolit l'odorat. Souvent par raison d'économie on la confectionne avec des issues de boucherie, des intestins et des estomacs de l'uminants qui, ayant fourni par la cuisson le bouillon nécessaire à tremper le pain, y sont mélangés après avoir été coupés en morceaux.

Ces soupes sont désignées sous le nom de mouées.

Dans certains chenils on se sert pour pré])arer les soupes de i)ain de suif connu sous le nom de crolon. Cette préparation culinaire laisse beaucoup à désirer et nous ne la recommandons pas. C'est une triste économie qui se paye souvent fort cher. Le chien mérite qu'on le traite mieux que cela; nous lui devons un certain confort.

Dans les chenils de quelque importance, le piqueur doit présider à la distribution du repas.

Lorsque les chiens ont une tendance k s'engraisser on a coutume de les isoler dans une portion particulière du chenil, pendant une partie de la durée du repas, afin qu'ils supportent une certaine abstinence. Ils sont ditsm/s au gras. Cette locution ironique s'applique à une mesure qui n'est pas toujours très sage; il vaudrait mieux soumettre ces animaux à un exercice plus actif.

On pourrait par le premier procédé tomber dans un excès contraire et cela ne se ferait qu'au détriment de la santé de l'animal.

A cet égard : « Enregistrons (dit le Chasseur rustique, à propos du chien d'arrêt)... qu'une nourriture saine, régulière, qu'un exercice journalier, sont les meilleurs auxiliaires de la santé; qu'un chien dans la force de l'âge doit avoir une ration de pain sec le malin, et une bonne soupe grasse le soir ; qu'on peut sans inconvénient, surtout lorsqu'il fatigue, y ajouter un peu de bonne viande, des os même; les plus gros sont les moins dangereux, ceux qui présentent des inconvénients sont les petits os creux des ailes et des pattes de volailles, qui, en se cassant sous la dent forment autant d'aiguilles aiguës qui l'égorgent ou lui déchirent l'estomac et les intestins ; que la pomme de terre employée sans mélange est une mauvaise nourriture, et que la mauvaise nourriture est la source de toutes les maladies )>

Pour le chien isolé, le choyé, le gâté, le familier par excellence, que de fois au lieu de s'en tenir aux soupes réglementaires et quotidiennes qui devraient toujours l'entretenir dans un parfait état de santé, ne faiton pas le contraire d'une façon exagérée! On leur offre nombre de friandises qui constituent un régime trop succulent et trop échauffant : viande, sucre, café, gâteaux, etc., etc., transforment le chien en phénomène graisseux et en font au moins un malheureux dyspepsique. Plaignez ces pauvres sybarites et modifiez leur régime si vous les aimez réellement.

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