‹ Le chien; son histoire, ses exploits, ses aventuresChapitre 62 sur 83 · SOINS A DONNER AUX JEUNES CHIENS ET A LA MÈRE · texte numérisé non relu

SOINS A DONNER AUX JEUNES CHIENS ET A LA MÈRE

Dos (juft tous les petits sont venus au monde ou les laisse téter la mère pendant quelques heures afin de débarrasser les mamelles du premier lait.

On procède ensuite au choix des jeunes chiens que l'on veut élever, leur nombre ne devra jamais, quelle que soit la force de la mère et ses qualités de bonne nourrice, dépasser six.

Le choix des reproducteurs à conserver n'est pas toujours (res eoniniode à faire, il faut une assez grande habitude pour bien pronostiquer des qualités et des formes futures.

Si l'on tenait pour une raison quelconque à élever toute la portée, il faudrait, si le nombre des petits était trop considérable, choisir une lice bonne mère, à laquelle on ferait substitution des enfants. Cette opération doit se faire de façon que la mère ne se doute pas du remplacement, car on sait combien l'attachement des lices pour leurs petits est développé.

Si l'on n'avait pas à sa disposition une lice convenable, il faudrait avoir recours à l'allaitement artificiel. Les biberons, par le temps qui court, ne sont pas rares ; on n'a que l'embarras du choix.

Au bout de quinze jours, trois semaines au plus, le jeune chien commence à marcher et peut déjà boire de lui-même le lait qui lui est présenté.

A partir de ce moment on devra le laisser moins téter et commencer vers l'âge de un mois, à lui donner la soupe, de façon que vers six semaines on puisse le ]>river du lait de sa mère.

Le sevrage devra se faire progressivement en séparant la mère et les petits pendant le jour et leur accordant encore la nuit pour se retrouver, jusqu'au moment de la séparation complète.

A cette époque commence en réalité pour les jeunes chiens la vie extérieure.

On sait du reste avec quelle exubérance de joyeuseté, de sauts, d'exer* cices incessants, cette existence se manifeste.

A l'àge de trois ou (jiiatre mois, les jeunes chiens seront nourris comme les adultes, mais à la condition, cependant, d'avoir un nombre de repas plus considérable.

Quand ils auront atteint six mois, la nourriture leur sera distribuée trois fois par jour et plus tard vers l'jige de huit mois à un an, suivant les races, ils auront assez de deux repas : un le matin et un le soir.

Quant à la mère, tant qu'elle sera nourrice, elle ne cessera d'être l'objet de soins particuliers.

Elle devra recevoir une très bonne alimentation, avou- des repas assez fréquents composés de bonnes soupes, avec un peu de viande et des légumes (choux et pommes de terre).

De l'eau très limpide sera toujours à sa disposition. Son lit sera maintenu dans un état de propreté constant et fourni de paille fraîche renouvelée tous les jours.

La promenade quotidienne à. laquelle, ainsi que nous l'avons recommandé, on n'aura jamais dû manquer dans la période de gestation, doit être continuée pendant environ une demi-heure, deux fois par jour.

Dès qu'elle aura cessé de nourrir il faudra songer à tarir la sécrétion lactée; pour obtenir rapidement ce résultat on lui administrera une ou deux purgations, de préférence, l'huile de ricin, et on lui fera plusieurs applications d'acétate de chaux sur les mamelles pendant deux ou trois jours.

Les jeunes chiens, une fois sevrés, recevant comme nous venons de le dire leur nourriture, doivent être laissés le plus possible en liberté. S'ils sont tenus au chenil on les sortira avant chaque repas, pendant une heure ou deux. La promenade constitue pour eux une véritable gymnastique indispensable, en même temps que l'air qu'ils respirent contribue à leur développement et au maintien de leur bonne santé. Les jeunes chiens élevés dans les villes sont sous ce rapport moins favorisés que ceux qui vivent à la campagne.

(ihaque fois que l'on tient à ('lever des chiens de i-ace, il faut de tonte nécessité leur préférer ce séjour.

La mortalité sur les jeunes chiens, en ville, est au moins de cinquante pour cent.

Tout le monde sait, en effet, que c'est dans le jeune âge, depuis 5 ou G mois, que la maladie dite des jeunes chiens commence à les attaquer.

Ainsi je ne saurais trop recommander aux propriétaires de faire vacciner un peu avant cet âge leurs chiens. C'est aussi vers cette époque que l'on a coutume de pratiquer l'amputation des oreilles et de la queue,

ainsi (jue la marque sur les chiens chez lesquels il est de coutume, de mode ou de nécessité de le faire.

Pendant le jeune âge, contrairement au préjugé trop répandu, il est bon de faire entrer une certaine quantité de viande dans la ration journalière.

Les animaux sous l'influence de ce mode d'alimentation alibile et tonique sont moins disposés à la maladie du jeune âge et, dans tous les cas, y résistent beaucoup mieux. C'est pendant cette époque de l'existence qu'il faut habituer les jeunes chiens à se familiariser avec l'homme, les animaux et les objets extérieurs.

11 faut profiter de ce moment pour leur apprendre à obéir, à répondre à leur nom, à rapporter, à aller à l'eau, etc., etc.

Le dressage réel ne doit commencer que vers l'âge d'un an, quand la période de la maladie est traversée. Il ne doit être fait que pour les animaux choisis d'une façon délinitive, d'après leur conformation, leurs aptitudes commençantes, c'est-à-dire après une sélection sévère.

HYGIÈiNE DES CHIENS ADULTES

Que le chien soit isolé ou enfermé au chenil, en compagnie plus ou moins nombreuse, il devra toujours être soumis à des soins journaliers qu'il ne faut sous aucun prétexte oublier ni négliger, sous peine de compromettre sa santé.

Comme on fait son lit, on se couche, tlit un vieux proverbe; ajoutons que, pour qu'un animal puisse se reposer, pour (pi'il soit dispos quand on aura besoin de lui, il faut qu'il soit bien couché.

La première chose à faire sera donc de toujours tenir la litière ou mieux le lit du chien propre, de le dél)arrasser de toutes les souillures et de toutes les vermines, parasites plus ou moins redoutables, mais toujours incommodes.

Le pansage si utile pour tous les animaux ne doit jamais être négligé pour le digne compagnon de nos travaux et de nos plaisirs.

Le chien doit être régulièrement bouchonné, peigné, brossé sur toute la surface du corps.

Chaque région pendant cette opération doit être examinée afin de s'assurer qu'elle n'a pas été atteinte par les coups de dents ou autres blessures. On est certain de cette façon de se rendre comple quela peau n'est pas le siège d'un commencement de maladie ou le séjour de certains insectes parasites.

Les ouvertures naturelles, yeux, oreilles, etc., seront épongées à l'eau froide en été et à l'eau tiède l'hiver.

Grâce à ces soins, la peau se trouve débarrassée de la crasse, de la poussière, des souillures extérieures, qui peuvent gêner la fonction de la respiration cutanée, qui joue un si grand rôle physiologique. De cette façon on évite nombre d'accidents de répercussion sur l'intestin, les inllammations catarrhales des muqueuses et certaines maladies de la peau si fréquentes chez les chiens mal soignés.

En examinant chaque sujet on devra, dans les chenils, séparer les chiennes chez lesquelles les signes de chaleur apparaissent. Le propriétaire dans ce cas devra toujours en être informé par son piqueur auquel il donnera ses instructions.

Dès que cette toilette quotidienne est terminée, on doit songer à la promenade.

On profitera de cet instant pour procéder au nettoyage du chenil.

Les bancs et les niches des chiens isolés doivent être lessivés assez souvent pour empêcher la crasse d'y faire élection de domicile.

Une couche de sable sera répandue sur le sol à l'endroit où les animaux ont coutume de déposer leurs ordures. On peut même, ainsi que beaucoup d'auteurs l'ont recommandé, ficher en terre des bâtons entourés de paille, qui servent d'urinoirs, afin de localiser les endroits où s'accumulent les déjections, ce qui facilite singulièrement leur enlèvement.

L'usage du sable rend moins fréquents les lavages qui entretiennent une certaine humidité, toujours nuisible.

Enfin pour enlever les mauvaises odeurs et neutraliser les déplorables effets des effluves, il faut mettre dans des vases placés sur une planchette une solution d'acide phénique ou mieux une préparation toujours bien dosée de phénate de soude (phénol Bobœuf) dont les effets sont constants, ou arroser le sol avec ces mêmes produits. Ces préparations sont de véritables désinfectants qui offrent plus de sécurité que toutes les fumigations imaginables, voire même celles de chlore qui ne font que masquer ou substituer une odeur à une autre.

Pour les ciiiens travailleurs, les chiens d'agrément, de luxe propre-

ment dit et les chiens d'arrêt, la promenade est tout hygiénique. L'animal n'a qu'à suivre le maître ou le conducteur.

Pour le chien de meute, cela doit en même temps servir de leçon.

Les chiens sont couplés, un jeune et un vieux qui lui sert de maître d'école et l'habitue à se calmer, à se tenir en repos, à obéir au commandement ou au son de la trompe.

Les promenades doivent avoir lieu deux fois par jour. En été à six heures du matin et à cinq heures du soir, et en hiver le matin à huit heures et l'après-midi à trois heures. La durée de ces promenades sera au moins d'une heure en été et d'une demi-heure en hiver.

Si les chiens se sont échaufiés à cette promenade il faudra les rentrer au pas, les bouchonner à leur arrivée alîn de les bien essuyer s'ils sont mouillés. Il serait même fort utile de les faire rapidement sécher devant un bon feu.

Outre tous les soins et précautions que je viens d'indiquer, il ne faut jamais négliger, pendant la belle saison, l'usage des bains froids. Ces bains d'un effet très salutaire devront avoir lieu toujours au moins trois heures après le repas.

Au sortir du bain, il faut avoir la précaution de donner aux chiens le loisir de s'ébattre pendant assez de temps pour qu'ils rentrent en leur logis parfaitement bien séchés.

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