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RAGE

La rage est une maladie spécifique, virulente, fransmissible par inoculation et par contact d'un animal malade à un animal sain et à l'homme, caractérisée par une vive exaltatiou des organes des sens, l'envie de mordre, les accès de fureur.

Tous nos animaux domestiques, sans exception des oiseaux de bassecour, peuvent contracter la rage et la transmettre par la salive aux autres animaux. Cette maladie est, bien à tort, très souvent désignée sous le nom d'hydrophobie.

Jamais dénomination n'a été plus faussement employée, et il est bien certain que jamais le chien enragé n'a horreur de l'eau. Si le fait de l'impossibilité de la déglutition des liquides se fait remarquer vers la période de terminaison de la maladie, il est dû à une névrose des organes de la déglutition qui, en somme, n'est que le résultat de l'impossibilité de l'accomplissement de la fonction. Mais le chien, même à cette période, loin de manifester la crainte de l'eau, se jette au contraire avec avidité sur elle, mais sans pouvoir arriver à calmer la soif qui le dévore.

La rage peut-elle se développer spontanément chez le chien ?

Beaucoup de médecins et de vétérinaires admettent que la rage est fréquemment spontanée.

Pour ceux-là, les causes invoquées pour le développement delà maladie sont tellement nombreuses qu'on pourrait sans difficulté, en les réunissant, en faire une longue monographie.

Ils ont invoqué la privation des aliments ou leur mauvais choix et surtout la privation des boissons.

Les extrêmes de la température supportée par les victimes.

La privation de la satisfaction des appétits naturels.

D'autres observateurs, parmi lesquels nous citerons deux grandes autorités, M. Renault et M. Henri Bouley, croient les cas de rage spontanée très rares.

Enfm il existe aussi bon nombre de praticiens et d'écrivains qui nient complètement la spontanéité de cette affection ; nous sommes de l'avis de ces derniers.

C'est dire que nous ne reconnaissons qu'une cause de transmission de la rage, la contagion.

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Toutes les observations et les nombreuses expériences faites dans le but d'éclairer la question de la contagion ont prouvé que la salive seule des animaux atteints de la rage renferme le virus; aussi est-ce l'inoculation de ce produit de sécrétion qui par la morsure du chien enragé communique la maladie.

Heureusement beaucoup d'animaux et d'hommes mordus sont réfractaires à la contagion. Les expériences faites par M.Renault etMM. Lafosse et llatwig ont prouvé que sur un grand nombre de chiens mordus par des sujets atteints de la rage, la maladie ne s'est déclarée que dans la proportion de trois sur huit.

MM. Tardieu, d'Auteny etBarthey ont remarqué que chez l'homme cette proportion est de quatre sur dix.

Cette immunité remarquée sur un grand nombre de sujets inoculés explique parfaitement les succès des nombreux charlatans qui exploitent la crédulité publique par la vente de médicaments préventifs de la rage.

Il ne faut accorder crédit et confiance qu'à un seul procédé : le lavage à grande eau de la région mordue après application préalable d'une ligature, et la cautérisation au fer rouge de la plaie, qui au besoin aura été débridée au bistouri s'il y a nécessité, afin que toutes les })arties que l'on suppose avoir pu avoir contact avec le virus soient bien cautérisées.

Pour les lecteurs qui voudraient lire une fidèle et saisissante monographie sur la rage, nous les engageons à faire choix parmi la nombreuse collection qui existe, de celle de notre grande illustration vétérinaire, M. Henri Bouley, le savant et sympathique inspecteur des écoles vétérinaires.

Nous avons dit que nous admettons qu'un animal, pour devenir enragé, doit être contaminé par un autre animal atteint de la rage; cette déclaration de principe nous oblige à recommander comme préservatif de la rage l'émoussement des dents, système préservatif préconisé par M. Bourrel.

Jusqu'à présent la rage a défié tous les traitements préconisés et employés.

J'appartiens à un comité, dit de la Rage, qui a toujours consciencieusement expérimenté tous les agents thérapeutiques, tous les remèdes plus ou moins empiriques proposés, sans jamais avoir eu à enregistrer un seul cas de guérison.

II serait donc fastidieux d'exposer la nomenclature de tous ces remèdes et la relation des expériences faites, puisque le résultat obtenu a toujours été négatif.

ZOOTECHNIE ET HYGIÈNE DU CHIEN. 3kl

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